Pendant le mois de Ramadan, de nombreuses personnes adaptent leurs habitudes quotidiennes pour concilier jeûne et obligations personnelles, y compris leur traitement médical. Mais que faire lorsqu’un patient oublie de prendre son médicament au moment prévu?
Pour le docteur Ahmed Benboujida, la réponse dépend avant tout de la nature de la maladie et du traitement prescrit. Dans le cas des maladies chroniques, la régularité dans la prise des médicaments reste primordiale.
«Lorsqu’il s’agit d’une maladie chronique, le patient sait normalement que son médicament doit être pris à une heure précise. L’oubli ne devrait pas se produire, surtout pour des pathologies comme le diabète, l’hypertension artérielle ou d’autres maladies chroniques qui nécessitent un traitement régulier», explique le médecin. La prise de médicaments à des horaires précis n’est pas anodine. Chaque médicament suit un parcours bien défini dans l’organisme avant de produire son effet thérapeutique.
Après ingestion, le médicament passe par plusieurs étapes: il est d’abord digéré dans l’estomac, puis absorbé au niveau de l’intestin avant de rejoindre la circulation sanguine et d’être métabolisé par le foie. C’est seulement après ce processus qu’il peut agir efficacement.
«Les horaires recommandés par le médecin ne sont pas choisis au hasard. Ils permettent de maintenir une concentration suffisante du médicament dans le sang pour garantir son efficacité», souligne Ahmed Benboujida.
En effet, la durée d’action des médicaments varie selon leur nature. Certains agissent pendant huit à douze heures, tandis que d’autres peuvent être efficaces pendant vingt-quatre heures. Si l’intervalle entre deux prises est trop long, la concentration du médicament dans l’organisme peut diminuer, ce qui réduit son efficacité et peut entraîner un déséquilibre de la maladie.
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Dans la pratique, les patients atteints de maladies chroniques sont souvent bien familiarisés avec leur traitement et les horaires de prise. Selon le docteur Benboujida, «les personnes atteintes de maladies chroniques sont souvent habituées à leurs médicaments et savent quand les prendre. Pendant le Ramadan, elles adaptent généralement leurs horaires entre le ftour, la soirée et le shour», précise-t-il.
Pour éviter les oublis, les médecins recommandent souvent d’ajuster les horaires de prise pendant le mois sacré. Les médicaments peuvent ainsi être répartis entre la rupture du jeûne (ftour) et le repas du shour, selon les indications du professionnel de santé.
Dans tous les cas, les spécialistes insistent sur l’importance de consulter son médecin avant le début du Ramadan afin d’adapter, si nécessaire, le schéma thérapeutique. Car si le jeûne constitue un pilier important pour de nombreux fidèles, la santé reste une priorité. Pour les patients sous traitement, le respect des prescriptions médicales demeure essentiel afin d’éviter toute complication.








