Comment les seniors doivent-ils gérer le jeûne du Ramadan? Si la volonté reste intacte, l’organisme, lui, impose ses propres limites. Pour les personnes âgées, le jeûne ne peut être envisagé sans une évaluation rigoureuse de leur état de santé. Comme le rappelle le docteur Ahmed Benboujida, médecin généraliste à Casablanca, le principe religieux est explicite: «Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité». En pratique, celui qui est en mesure de jeûner peut le faire, mais celui dont l’état de santé ne le permet pas doit impérativement s’en abstenir.
L’âge chronologique, à lui seul, ne suffit pas à justifier une dispense; c’est la condition physiologique globale qui détermine la conduite à tenir. «Le facteur de l’âge est pris en considération à travers la structure corporelle et l’état physique de la personne», souligne le praticien. Plusieurs paramètres doivent être évalués afin de déterminer si l’organisme peut supporter une abstinence prolongée ou s’il convient, au contraire, d’accorder une dispense pour raisons médicales.
Le principal défi réside souvent dans la dimension psychologique. «Les personnes âgées font parfois preuve d’une volonté de fer pour jeûner, alors même qu’elles souffrent de pathologies qui le leur déconseillent», observe le médecin. Face à cette détermination, qui peut s’avérer risquée, l’avis médical demeure la référence. «Mon conseil est qu’elles écoutent leur médecin. Si celui-ci leur recommande de ne pas jeûner, elles doivent s’y conformer, car tout dépend de leur état de santé réel», insiste-t-il.
Pour les seniors dont la condition physique le permet, le jeûne peut être poursuivi avec prudence. Pour les autres, la consultation médicale constitue une étape indispensable. L’enjeu est de veiller à ce que chaque fidèle agisse en pleine connaissance de ses capacités, afin qu’un acte de dévotion ne se transforme pas en risque sanitaire évitable.








