Entre le premier septembre 2025 et le 25 mars 2026, le bassin de l’Oum Er-Rbia a reçu 519 millimètres de précipitations, soit un excédent de 64% par rapport à une année normale. Il affiche désormais un taux de remplissage de 59%. Les apports en eau enregistrés par les grands barrages sur cette période ont, quant à eux, atteint 2,671 milliards de m³, en hausse de 57% par rapport à la normale et de 403% par rapport à l’année précédente.
Le barrage Al Massira, principal ouvrage du bassin et deuxième plus grand barrage du Maroc, concentre à lui seul les effets les plus visibles de cette embellie. Ses apports ont atteint 505 millions de m³ depuis septembre 2025, soit un excédent de 6% par rapport à une année ordinaire et de 547% par rapport à la même période de 2025. Son taux de remplissage est ainsi passé de 4,3% au 25 mars 2025, soit 116 millions de m³, à 33,3% au 25 mars 2026, soit 885 millions de m³.
Lire aussi : Barrages: les travaux de construction avancent à grands pas, des délais d’achèvement réduits jusqu’à trois ans
Cet ouvrage est stratégique à plus d’un titre. Il assure l’alimentation en eau potable et industrielle de plusieurs grandes villes, dont Casablanca, El Jadida, Safi, Marrakech, Settat, Berrechid, Ben Guerir, Sidi Bennour et Azemmour, ainsi que l’irrigation du périmètre du Doukkala. Les années de sécheresse avaient poussé les autorités à en réduire drastiquement la sollicitation pour le Grand Casablanca, au profit du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (SMBA).
«La part de SMBA dans l’approvisionnement de Casablanca est passée de 50% à plus de 90% actuellement», précise, dans une déclaration pour Le360, Omar Chafki, directeur de l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia et de la Chaouia.
Cette décision avait eu pour effet d’alourdir considérablement les prélèvements sur SMBA, passés de 270 à 280 millions de m³ en 2023 à environ 355 millions de m³ en 2024, pour un bassin desservant plus de 10 millions d’habitants le long du littoral allant de Salé à Nouaceur.
Ce qui a été fait pour sauver le bassin
Pour faire face à cette pression sur le bassin, plusieurs projets ont été mobilisés. L’interconnexion entre les bassins du Sebou et de l’Oum Er-Rbia, mise en service le 28 août 2023 avec un débit de transfert pouvant atteindre 15 m³ par seconde, a joué un rôle important dans le maintien du niveau de SMBA. «Sans ce projet, le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah aurait été complètement à sec en décembre dernier», souligne Omar Chafki.
Le barrage Tiddas, mis en service début 2023 en amont de SMBA, stocke quant à lui actuellement environ 450 millions de m³. La station de dessalement de Jorf Lasfar, d’une capacité de 60 millions de m³ par an et raccordée au barrage des Daourat, a par ailleurs contribué à sécuriser l’approvisionnement des villes de la zone et du monde rural durant l’été 2024.
La reconstitution des réserves du bassin de l’Oum Er-Rbia ouvre ainsi une fenêtre de répit appréciable. Le redressement d’Al Massira permet dès à présent de soulager le barrage des Daourat, dont les ressources peuvent être réorientées vers des villes comme Berrechid et Settat, dépourvues d’autres sources d’alimentation.
Le barrage Al Massira affiche un taux de remplissage de 33,3% après les dernières précipitations. (Le360)
Selon l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia, l’approvisionnement des villes et centres alimentés par cette source est garanti pour au moins deux ans. Dans le scénario d’une absence totale de précipitations sur deux années consécutives, les réserves actuelles combinées aux capacités de transfert assurent la couverture jusqu’à l’été 2028. Un matelas confortable, mais qui ne dispense pas de la vigilance que les sept dernières années ont rendu impérative.










