Agadir: Aïn Skhouna, un cadeau de la nature en mal de soins

Aïn Skhouna, une source d'eau naturelle dans la commune de Drarga, près d'Agadir (M.Oubarka/Le360).

Le 16/02/2026 à 10h00

VidéoSituée à Drarga, à proximité d’Agadir, la source thermale Aïn Skhouna est un site naturel prisé pour ses eaux soufrées aux propriétés curatives. Malgré son succès croissant auprès des locaux et des touristes, ce havre de paix souffre d’un manque criant d’aménagements et d’infrastructures de base, pénalisant son potentiel de développement.

Nichée entre les roches et la végétation, Aïn Skhouna s’impose aujourd’hui comme un refuge naturel. L’eau y jaillit abondamment, dégageant cette odeur caractéristique de soufre qui, loin de rebuter, constitue au contraire la signature d’un lieu réputé pour ses bienfaits sur le corps et l’esprit.

«Cette source, connue aussi sous le nom de Bir Aït Lamane, relève de la commune de Drarga. Elle est devenue au fil des années un véritable lieu de pèlerinage pour les habitants de la région», explique Mohamed Aït El Moudden, habitant d’Agadir. «L’eau est naturellement mélangée au soufre et, selon ce que racontent les gens et ce que l’on constate sur place, elle aide à soulager les douleurs articulaires, les problèmes osseux et certaines affections cutanées», déclare-t-il.

À peine arrivé sur les lieux, le visiteur est frappé par l’atmosphère paisible qui règne autour de la source. Des familles s’installent à l’ombre des arbres, d’autres profitent de l’eau chaude, tandis que des groupes d’amis improvisent un pique-nique. «La proximité d’Agadir permet à de nombreux habitants de la ville et des environs de venir passer ici une journée entière. Cela crée un véritable dynamisme, notamment pour les petits vendeurs et les activités liées au loisir», ajoute Mohamed Aït El Moudden.

Au-delà de ses vertus thérapeutiques, Aïn Skhouna séduit par son décor naturel. Entourée de montagnes, d’arganiers et d’une végétation variée, la source offre un cadre propice à la détente et à la contemplation. «S’asseoir près du point d’eau pendant un certain temps procure une sensation de bien-être profond, une vraie relaxation physique et mentale», confirme-t-il. «C’est devenu un refuge pour ceux qui cherchent le calme et fuient le bruit de la ville», conclut-il.

Un charme qui ne laisse pas indifférents les visiteurs étrangers. Amaury, touriste français de passage dans la région, ne cache pas son émerveillement. «C’est vraiment magnifique. On a l’impression d’être face à une carte postale, avec de grandes plaines, la mer toute proche et des falaises exceptionnelles», déclare-t-il. «C’est un peu dommage de voir parfois des déchets. Si chacun faisait un effort pour ramasser ses ordures, ce serait formidable, car tout le potentiel est là. C’est un vrai cadeau de la nature», regrette-t-il.

Car derrière cette beauté naturelle se dessine une réalité moins reluisante. «Ce site ne bénéficie pas de l’attention qu’il mérite», appuie Saïd Messoudi, acteur associatif de la région. «Nous constatons un manque évident d’intérêt et une forme de marginalisation. La route menant à la source est en très mauvais état, non asphaltée, ce qui représente un danger réel pour les usagers», continue-t-il.

Le constat est sans appel: absence de poubelles, accumulation de déchets laissés par certains visiteurs, manque d’éclairage public. «De nombreuses personnes viennent après le coucher du soleil pour profiter du calme. Sans éclairage, cela devient problématique. Nous appelons la commune de Drarga à installer une éclairage public permanent, à mettre à disposition des conteneurs à déchets et à assurer une présence sécuritaire régulière afin de préserver la tranquillité du lieu», insiste Saïd Messoudi.

Pour cet acteur associatif, l’enjeu dépasse le simple confort des visiteurs. «Une réhabilitation globale de ce site permettrait de créer une véritable dynamique touristique et économique, avec des opportunités d’emplois permanents et saisonniers pour les jeunes de la région», affirme le responsable. «Il est regrettable de voir un tel potentiel freiné par des infrastructures défaillantes», conclut-il, appelant à une mobilisation collective pour valoriser durablement ce joyau naturel.

Par M'hand Oubarka
Le 16/02/2026 à 10h00