Les deux promoteurs immobiliers ont passé près de 70 jours en détention préventive, sur décision du juge d’instruction près le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ. Ils étaient poursuivis pour escroquerie, faux et usage de faux, en lien avec la commercialisation d’appartements dans le projet Casa Parc.
Porté par la société Treize-Huit, le projet Casa Parc ambitionnait la réalisation d’un vaste ensemble résidentiel de près de 1.200 appartements et lots de terrain à Sidi Maârouf, un quartier situé dans la périphérie sud-est de Casablanca. Initialement prévue autour de 2016, la livraison a accumulé d’importants retards. Plusieurs réservataires se sont constitués en collectif pour engager des actions en justice, réclamant soit la livraison de leurs biens, soit le remboursement des sommes versées.
Le procès, ouvert le 25 mars dernier, a connu plusieurs développements au fil des audiences. Des dizaines de plaignants ont en effet choisi de se désister, en contrepartie du remboursement des avances versées, parfois depuis plus de douze ans. Cette évolution semble avoir pesé dans la décision de mise en liberté des deux accusés, même si la procédure judiciaire se poursuit.
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Parallèlement aux litiges avec les acquéreurs, Attijariwafa bank, principal créancier, a obtenu un jugement condamnant la société Treize-Huit au remboursement de près de 500 millions de dirhams de dettes. Dans la foulée, l’établissement bancaire a enclenché des procédures d’exécution forcée, se traduisant par des saisies visant à la fois les actifs liés au projet et certains biens appartenant aux deux promoteurs.
Dans un entretien accordé à Le360 en mars 2019, alors que les premières victimes commençaient à organiser des sit-in sur le site du projet, Sadreddine Benhima, levait pour la première fois le voile sur les dessous de cette affaire.
À cette date, sur près de 700 appartements commercialisés, le projet «Casablanca Parc» comptait environ 500 logements achevés, répartis sur 42 immeubles de quatre étages. Toutefois, seuls 320 appartements disposaient de titres fonciers, alors même que quelque 275 familles étaient déjà installées sur place.
«Les gens ont l’impression qu’il s’agit d’un projet fantôme. Or, c’est un projet ambitieux. Au regard de la voirie et des aménagements - eau potable, électricité, dalots de drainage des eaux pluviales - Casablanca Parc constitue le plus grand ouvrage privé de Casablanca. À elle seule, la voirie représente un investissement de 60 à 70 millions de dirhams», se défendait-il.
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Interrogé sur les raisons de l’arrêt du chantier, Benhima évoquait des blocages d’ordre administratif, liés notamment au plan modificatif soumis à l’autorisation de la Protection civile, ainsi qu’à la taxe sur les terrains non bâtis (TNB) imposée par la commune de Casablanca.
Concernant les montants avancés par certains médias, qui évoquaient une somme détournée de 250 millions de dirhams, le promoteur contestait ces chiffres: «Le prix moyen pondéré d’un appartement est de 900.000 dirhams. En appliquant un taux d’avance de 15%, on obtient environ 140 millions de dirhams d’avances clients, et non 250 millions comme cela a été affirmé. À cela, il faut retrancher près de 30 millions de dirhams déjà restitués.»
La remise en liberté des deux promoteurs ne signifie pas la fin des poursuites judiciaires et encore moins la clôture du dossier Casa Parc.




