À Tanger, un chauffeur soupçonné de transport clandestin arrêté après avoir percuté un policier

Petits taxis, à Tanger. 

Des taxis à Tanger.  . DR

Revue de presse Les services de sécurité de Tanger ont interpellé un conducteur suspecté d’exercer le transport clandestin après un incident spectaculaire au cours duquel un policier a été percuté lors d’une tentative de contrôle. Filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, la scène relance le débat sur l’ampleur du phénomène des «khattafa», des transporteurs clandestins, dans plusieurs quartiers de la ville, et sur les nuisances qu’il provoque pour les habitants. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 08/03/2026 à 18h47

Les services de sécurité de la ville de Tanger ont procédé, samedi dernier, à l’interpellation d’un conducteur qui a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Il est soupçonné d’avoir mis en danger un fonctionnaire de police dans l’exercice de ses fonctions au quartier Al-Haddad, dans la zone de Beni Makada. L’incident a été filmé et la séquence s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux, suscitant une vive réaction parmi les habitants de la ville, indique le quotidien Al Akhbar de ce lundi 9 mars. Les faits remontent à une intervention policière visant à interpeller l’individu, soupçonné d’exercer une activité de transport clandestin de passagers. Au moment du contrôle, le conducteur aurait refusé d’obtempérer aux injonctions des agents et de s’arrêter. Dans sa tentative de fuite, il aurait percuté un policier avant de poursuivre sa route sur plusieurs mètres alors que ce dernier se trouvait encore sur le capot du véhicule. Cette scène, particulièrement dangereuse, a nécessité une réaction immédiate des services de sécurité afin de maîtriser la situation et d’éviter des conséquences plus graves.

L’intervention a finalement permis l’arrestation du conducteur et la saisie de la voiture qu’il utilisait. Le véhicule a été placé à la fourrière municipale dans l’attente de l’achèvement des procédures légales en vigueur. Parallèlement, les services de police de Tanger ont ouvert une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent afin d’établir avec précision les circonstances de cet incident et de déterminer les responsabilités pénales qui pourraient en découler. Le mis en cause pourrait être poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment pour avoir mis en danger la vie d’un agent de police dans l’exercice de ses fonctions, a-t-on pu lire dans Al Akhbar. À cela, s’ajoute l’exercice illégal d’une activité de transport de personnes sans disposer des autorisations administratives requises, le transport clandestin de personnes étant une pratique transport largement répandue dans certaines zones urbaines.

Les autorités sécuritaires relevant de la préfecture de police de Tanger mènent régulièrement des opérations visant à lutter contre ce phénomène. Ces campagnes ciblent en particulier plusieurs points considérés comme sensibles, où l’activité du transport clandestin est fréquemment signalée. Parmi les zones concernées figurent les quartiers Benkirane, Al-Aouama, Al-Haddad ainsi que certaines zones situées à proximité de la médina. Dans ce contexte, des habitants du quartier Al-Moussala ont déjà appelé les autorités à élargir ces opérations à leur secteur, qui connaît lui aussi une concentration importante de véhicules pratiquant le transport clandestin. Selon les résidents, plusieurs conducteurs se regroupent régulièrement près de la station officielle de taxis, transformant progressivement l’endroit en une sorte de gare informelle pour passagers.

Cette situation entraîne une forte concurrence entre les conducteurs de ce que l’on appelle localement les «khattafa», qui se disputent les passagers en direction notamment du quartier Boukhalef. Les habitants dénoncent les nuisances sonores permanentes provoquées par les appels des chauffeurs, les klaxons et les discussions animées, au point que certains riverains affirment envisager de quitter ces ruelles devenues, selon eux, difficilement vivables.

Dans plusieurs plaintes adressées auparavant aux autorités, des résidents ont également évoqué l’apparition d’individus inconnus qui exerceraient une forme de contrôle informel sur certaines ruelles du quartier. Ces personnes imposeraient aux passagers de monter dans des véhicules précis, souvent des voitures utilisées pour le transport de personnes. Cette situation provoquerait parfois des altercations entre conducteurs ou intermédiaires, contribuant davantage aux tensions et au bruit dans ce quartier.

Par La Rédaction
Le 08/03/2026 à 18h47