Les conseils d’arrondissement de la ville de Rabat traversent, ces derniers jours, une période de vives tensions internes. À l’origine de ces frictions, figurent les modalités de distribution des paniers alimentaires de Ramadan, destinés aux familles démunies, ainsi que la polémique entourant les avantages et indemnités accordés à certains élus, indique le quotidien Al Akhbar de ce lundi 23 février. Les arrondissements concernés ont mobilisé des enveloppes budgétaires conséquentes pour financer cette opération sociale saisonnière, dans le cadre des programmes d’aide liés au mois sacré de Ramadan. Le montant global engagé dépasserait 800.000 dirhams. Toutefois, la gestion concrète de l’opération suscite des critiques au sein de plusieurs conseils, notamment après l’adoption d’un système attribuant des quotas de paniers alimentaires aux conseillers communaux.
Toujours selon les mêmes sources, plusieurs arrondissements auraient accordé à chaque conseiller une part individuelle de paniers, à charge pour lui d’en superviser la distribution dans la circonscription relevant de son ressort territorial. Dans certains cas, le quota attribué à un seul élu pourrait dépasser 200 paniers, en fonction de critères internes tels que la densité démographique ou l’étendue géographique du secteur concerné. Cette approche ne fait pas l’unanimité, écrit Al Akhbar. Certains conseillers estiment qu’un tel mécanisme pourrait ouvrir la voie à une instrumentalisation de l’action sociale à des fins électorales ou à des règlements de comptes politiques. Ils appellent à l’adoption de critères transparents et uniformes pour l’identification des bénéficiaires et plaident pour que la distribution soit confiée à des commissions administratives ou sociales indépendantes, plutôt que directement aux élus.
D’autres, en revanche, défendent la méthode adoptée. À leurs yeux, l’implication des conseillers dans la distribution s’inscrit pleinement dans leur rôle de représentants de proximité. Ils considèrent que leur connaissance du terrain et leur lien direct avec les habitants constituent une garantie supplémentaire pour que l’aide parvienne effectivement aux ménages les plus vulnérables, notamment dans les quartiers populaires. La controverse ne se limite pas aux paniers de Ramadan. Elle s’étend également au dossier des indemnités et avantages liés à des délégations de fonctions au sein de certains arrondissements.
Les sources du quotidien évoquent la poursuite de la mise à disposition de véhicules communaux au profit de plusieurs élus délégués, ainsi que l’octroi d’indemnités de carburant sous forme de bons, de téléphones professionnels et, dans certains cas, de compensations pour des missions effectuées à l’étranger. Les prochaines sessions des conseils d’arrondissement seront scrutées avec attention afin de déterminer si ces divergences déboucheront sur une révision des mécanismes de distribution de l’aide du Ramadan et des modalités d’attribution des avantages, ou si elles resteront cantonnées à des débats internes, liés au contexte saisonnier.








