À Casablanca, l’envolée du prix de l’or ne décourage pas les acheteurs

Des bijoux en or exposés dans une vitrine du quartier Maârif. (K.Sabbar/Le360)

Le 13/01/2026 à 13h39

VidéoAlors que le gramme d’or tutoie des sommets historiques dans les vitrines du Maârif, l’engouement des Casablancais pour le métal jaune ne faiblit pas. Entre perte de confiance dans les marchés financiers et quête de sécurité, les épargnants délaissent les placements classiques pour se ruer sur le Louis d’or et les bijoux. Malgré une flambée des prix qui impose une consommation plus fragmentée, l’or confirme son statut de rempart ultime contre l’inflation et l’instabilité géopolitique mondiale.

Aujourd’hui, derrière les vitrines brillantes du quartier Maârif à Casablanca, les discussions tournent autour d’un seul sujet: le prix de l’or. Les clients scrutent les chiffres, comparent, hésitent parfois, mais finissent souvent par acheter. Car malgré la hausse, l’or continue d’attirer. «Aujourd’hui, le prix du gramme d’or se situe entre 1.100 et 1.165 dirhams», partage Larbi Bennouna, bijoutier à Casablanca.

«Il s’agit surtout de l’or brut, sans façonnage ni modèle. Ce type d’or peut même atteindre entre 1.200 et 1.300 dirhams», ajoute-t-il. Selon lui, il n’existe pas de prix fixe. «Tout dépend de l’offre et de la demande», déclare-t-il. Une demande qui reste forte, malgré les prix élevés. «Actuellement, le marché est en hausse, et plusieurs facteurs entrent en jeu, comme la création monétaire, les crises et la situation politique mondiale», souligne le professionnel.

Dans ce contexte, le Louis d’or connaît un succès particulier. «Aujourd’hui, le Louis de 10g est vendu entre 6.300 et 6.500 dirhams», indique le bijoutier. Une somme importante, mais perçue comme un placement sûr. «Les gens l’achètent parce que c’est à la fois un bijou et une épargne. On sait que l’argent est garanti», explique-t-il. «Plus longtemps on le garde, plus on gagne, que ce soit sur un an, trois ans ou cinq ans. Et en cas de besoin, il peut être revendu immédiatement sans difficulté», précise Larbi Bennouna.

Et les choix varient selon les objectifs. «Celui qui veut investir achète le Louis, celui qui veut se parer achète des bijoux. Dans les deux cas, on finit par gagner, car l’or ne perd jamais de sa valeur», conclut-il.

Pour Tifour Bennani, également bijoutier à Casablanca, cette tendance s’explique par une perte de confiance dans d’autres formes de placement. «Les gens n’ont plus confiance dans les entreprises ni dans les actions, surtout avec les conflits actuels», déclare-t-il. «Ils préfèrent mettre leur argent dans des bijoux et dans des Louis d’or, qui suivent naturellement la hausse du prix de l’or», confirme-t-il.

La flambée des prix a cependant changé les habitudes de consommation. «Avant, les clients achetaient des bijoux lourds, de 20, 30 voire 50 grammes», explique Tifour Bennani. «Aujourd’hui, ils se tournent vers des pièces plus légères, parfois de seulement 2 à 5 grammes», révèle-t-il.

Malgré tout, l’or conserve une place particulière. «C’est un symbole fort, surtout pour les femmes», rappelle le bijoutier. Dans un contexte d’incertitude, le métal jaune reste une valeur refuge. «L’or est l’une des seules valeurs sures», conclut-il.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Sabbar
Le 13/01/2026 à 13h39