L’adoption par la Commission européenne, au début de l’année 2026, d’une première stratégie unifiée en matière de visas, pourrait marquer un tournant majeur dans la gestion des demandes de visa pour les citoyens marocains. C’est ce qu’a indiqué le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, en soulignant que cette réforme ouvre la voie à une transition progressive vers un système de visa numérique unifié, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 2 avril.
Ce nouveau dispositif ambitionne de simplifier en profondeur les démarches administratives liées aux demandes de visa. À terme, les voyageurs pourront soumettre l’ensemble de leurs dossiers de manière entièrement dématérialisée, via une plateforme unique, avec la possibilité de télécharger les documents requis en ligne. Une évolution qui devrait considérablement réduire les délais d’attente et permettre aux demandeurs de conserver leurs passeports durant le traitement de leur dossier, un point particulièrement sensible pour de nombreux usagers.
Dans sa réponse à une question écrite émanant du groupe du Rassemblement national des indépendants, le ministre a également précisé que ce système accorderait une attention particulière à certaines catégories de demandeurs, notamment les étudiants, les professionnels et les hommes d’affaires, pour lesquels les procédures devraient être davantage fluidifiées. Selon le calendrier fixé par la Commission européenne, l’horizon 2028 a été retenu comme échéance pour l’achèvement de l’ensemble des réformes et le basculement complet vers ce modèle numérique intégré.
Le ministère des Affaires étrangères indique par ailleurs que la question de la gestion des visas demeure un sujet régulièrement abordé lors des rencontres avec les représentants des missions diplomatiques et des centres consulaires accrédités au Maroc, indique Al Ahdath Al Maghribia. Ces discussions portent notamment sur le recours croissant à des prestataires privés pour la gestion des demandes de visa, une pratique qui, bien que répandue, soulève des interrogations dans la mesure où il s’agit d’un domaine relevant de la souveraineté des États.
Les autorités marocaines appellent à un contrôle rigoureux des circuits numériques utilisés pour la prise de rendez-vous et le dépôt des dossiers. L’objectif est de limiter les dysfonctionnements et de renforcer la sécurité des plateformes, face à l’exploitation de certaines failles par des intermédiaires informels ou des sociétés opportunistes. Le ministère insiste également sur la nécessité d’un traitement rapide des demandes, sans porter atteinte aux droits des citoyens marocains ni à leur dignité.
Cette vigilance s’impose d’autant plus que certaines demandes de visa revêtent un caractère urgent et humain, notamment celles liées aux soins médicaux ou aux études, souvent soumises à des délais stricts. Les autorités marocaines soulignent ainsi l’importance d’un accompagnement respectueux et d’une communication fluide entre les services consulaires et les usagers. Le ministre rappelle que la délivrance des visas relève exclusivement de la compétence souveraine des États, chacun étant libre de définir ses propres critères et priorités, dans le respect des relations diplomatiques avec le pays d’accueil.
Dans ce cadre, plusieurs ambassades et consulats présents au Maroc ont opté pour un modèle de gestion déléguée, confiant à des entreprises privées la réception des demandes et la relation avec les usagers, avant transmission aux autorités consulaires pour décision finale, a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. Ce mode de fonctionnement, s’il permet de désengorger les services consulaires, contribue également à expliquer, dans une certaine mesure, la longueur des délais de traitement. Toutefois, selon les informations communiquées, les demandeurs marocains disposent généralement d’une estimation préalable des délais nécessaires à l’examen de leurs dossiers, lesquels varient en fonction de la nature de la demande et des conditions propres à chaque représentation diplomatique.




