La majorité des membres du Bureau exécutif de l’UGTM a choisi de tourner le dos à Enaam Mayara, secrétaire général du syndicat affilié au parti de l’Istiqlal, en contestant vivement sa gestion des finances et des biens de cette centrale. Selon des informations rapportées par le quotidien arabophone Al Akhbar dans sa livraison du vendredi 10 avril, ils seraient quelque 17 membres du Bureau exécutif, qui en compte 27, à avoir non seulement boycotté une réunion ordinaire de cette instance, mais également constitué un comité, dit réformateur, qui appelle à la mise à l’écart de l’actuel SG de l’UGTM. Pour ce faire, ils ont sonné la mobilisation afin de convoquer une session extraordinaire du Conseil général du syndicat.
Ces tensions à l’intérieur de l’UGTM interviennent sur fond de contestation de la gestion financière du syndicat et d’appels à un diagnostic transparent de la situation de tous les biens du syndicat.
Tous ces griefs ont été consignés dans un communiqué signé par ce groupe de contestataires, qui justifient leur boycott des réunions du Bureau exécutif par ce qu’ils appellent «l’absence de toute discussion responsable et transparente ». Ils estiment que l’étape actuelle exige « un haut degré de responsabilité » et exigent de mettre fin à la « gestion unilatérale» et aux «méthodes de prise de décision au sein du syndicat». Les signataires du communiqué demandent à Enaam Mayara de prendre en compte toutes ces préoccupations en convoquant, sans plus tarder, une session extraordinaire du Conseil général, l’instance exécutive de l’UGTM, seule habilitée, selon les statuts du syndicat, à prendre les décisions qui s’imposent dans ces conditions de crise interne.
Selon Al Akhbar, la tension au sein de l’UGTM a d’autres soubassements, comme la non-transmission des correspondances des contestataires, correspondances que le directeur du siège central du syndicat, récemment révoqué, aurait systématiquement bloqué, cela sans parler d’accusations de conspiration et de falsification dont seraient accusés certains membres du Bureau exécutif parmi les mécontents.
Bien évidemment, Enaam Mayara, personnellement visé par cette bronca, et ses partisans ont réagi par un communiqué dans lequel ils accusent leurs adversaires de mener une «campagne méthodique qui vise à parasiter la dynamique de réforme et de moralisation du syndicat, en usant de la désinformation et autres tromperies». Les partisans de Mayara au sein du Bureau exécutif de l’UGTM estiment que «l’unité des rangs du syndicat doit rester au-dessus de toute autre considération». À moins de trois semaines du Premier mai, l’UGTM est plus que jamais en méforme.




