Les partisans du «Mouvement correctif» forment désormais la majorité des élus de l’UGTM siégeant à la Chambre des conseillers, rassemblant des membres de son bureau exécutif, des responsables de sections provinciales et de filières nationales de ce syndicat.
Selon une source informée interrogée par Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 14 avril, le secrétaire général de cette centrale syndicale, qui dépend du Parti de l’Istiqlal (PI), Enaam Mayara, a été submergé de lettres lui intimant de convoquer une session extraordinaire du conseil général de l’UGTM, afin d’y débattre de la gestion administrative, financière et immobilière du bureau exécutif. Les exigences du «Mouvement correctif» veulent aussi, désormais, la tenue d’un congrès exceptionnel avant le 1er mai, fête du travail, afin de «redresser le cap» et d’élire une nouvelle instance dirigeante.
L’action des membres du «Mouvement correctif» vise uniquement, selon eux, «à rétablir l’ordre au sein de la maison syndicale» et à «obtenir des éclaircissements sur certains dossiers», dont ceux concernant les biens immobiliers et les finances de l’UGTM. Leurs critiques, acerbes, se concentrent sur la gestion du syndicat, qu’ils jugent «opaque», et à propos de «décisions unilatérales». Certains membres du bureau exécutif ont d’ailleurs adressé à Enaam Mayara une lettre remarquée où, sur un ton ferme, il lui ont reproché de «prendre des décisions sans consulter les instances collégiales de la centrale», relaie le quotidien.
L’élément déclencheur de ce mouvement a été la cérémonie de célébration du soixantième anniversaire de l’UGTM, une manifestation boycottée par des opposants au secrétaire général, qui ont dénoncé une «marginalisation du bureau exécutif et du conseil général» du syndicat, ce qui est, selon eux, une «atteinte au principe de gestion collective» entériné lors du dernier congrès.
La réaction de la direction du syndicat a été prompte. Dans un communiqué diffusé le mercredi 8 avril, à l’issue d’une réunion du bureau exécutif présidée par Enaam Mayara, la direction de l’UGTM rejette catégoriquement les accusations portées par le «Mouvement correctif», insiste sur le fait que «l’unité du rang syndical demeure au-dessus de toute considération», avertit à propos de «toute tentative de semer la division et le doute parmi les militants [qui] ne fera que renforcer notre détermination à défendre les intérêts des travailleurs et à préserver leurs acquis». La direction de l’UGTM considère dès lors que les critiques visant le secrétaire général, Enaam Mayara, sont «une simple campagne systématique», orchestrée par des «parties connues», relaie Al Ahdath Al Maghribia.
Les militants du «Mouvement correctif», eux, considèrent que leur initiative est «libre de toute interprétation politique» et qu’elle «échappe à toute tentative d’instrumentalisation». Ils dénoncent une «tentative désespérée d’alimenter le récit d’un conflit entre le parti et le syndicat», et il ne s’agirait, selon eux, que d’une «guerre de leadership».




