Tanger: mobilisation citoyenne contre la privatisation de la place Marshan

L'ancienne médina de Tanger de l'éxterieur.

Revue de presseFace au projet de transformation de la place Marshan en court de padel privé, les riverains du quartier historique et le Mouvement de la jeunesse verte interpellent la commune. Portée par une pétition adressée au maire, leur démarche défend le caractère public de cet espace emblématique et réclame sa réhabilitation dans le respect des droits collectifs et de la mémoire des lieux. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 23/01/2026 à 21h22

Les habitants du quartier historique de Marshan, à Tanger, appuyés par le Mouvement de la jeunesse verte, viennent de déposer une pétition auprès du maire Mounir Laymouri. Ils y expriment leur ferme opposition à la cession de la place Marchan au secteur privé pour y installer un court de padel. Les signataires appellent plutôt à une réhabilitation de cette place historique, visant à conforter son statut d’espace public ouvert, en accord avec la loi organique n°113.14. Ce texte reconnaît en effet à la société civile le droit d’inscrire des questions à l’ordre du jour des sessions du conseil communal, rapporte le quotidien Al Akhbar de ce week-end (24 et 25 janvier)

La mobilisation s’inscrit dans un climat de préoccupations grandissantes quant à la privatisation d’espaces symboliques, détournés de leur vocation sociale et historique au profit de projets d’investissement. La pétition alerte, sans ambiguïté, sur les conséquences d’une telle transformation, dénonçant un risque de « marchandisation » qui dénaturerait l’identité des lieux.

Selon les pétitionnaires, orienter la place vers des usages commerciaux, sportifs ou de loisirs réservés à certains publics reviendrait à vider l’espace de sa dimension symbolique et humanitaire, au détriment des fondements de la justice sociale. Ils en appellent à une approche participative, garante d’une harmonie entre tout projet et les attentes de la population, et rejettent toute «mauvaise planification» ou absence de concertation.

Les signataires exhortent par ailleurs les élus communaux à protéger la place de toute mutilation lucrative et à interdire les projets incompatibles avec sa vocation originelle. Ils soulignent avec force le droit des enfants, notamment ceux des quartiers voisins, à disposer d’un espace de jeu «gratuit, sécurisé et ouvert à toutes et à tous».

Cette revendication ne se réduit pas, précisent-ils, à une simple mise aux normes d’équipements vétustes. Elle vise à «consacrer le droit de l’enfant dans la ville», en résonance avec les engagements internationaux, note Al Akhbar. Rappelons que le maire de Tanger avait, en lien avec certaines instances, autorisé la cession de la place à des intérêts privés en vue d’y aménager un court de padel, déclenchant une vive opposition de la société civile.

Par Hassan Benadad
Le 23/01/2026 à 21h22