Subventions agricoles: le ministre de l’Agriculture lance une enquête pour traquer les fraudeurs

Ahmed El Bouari, ministre de l'Agriculture

Revue de presseAlerté par les griefs des petits fellahs de la province de Larache, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a pris la mesure des dérives qui gangrènent le système de distribution des intrants agricoles. Face à des pratiques frauduleuses impliquant des réseaux de spéculateurs, il a engagé une inspection approfondie et n’exclut pas de saisir la justice. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 12/03/2026 à 20h23

Dès sa prise de fonctions, Ahmed El Bouari a été confronté à une problématique récurrente et épineuse, dont il avait mesuré l’acuité lors de ses premières immersions sur le terrain. C’est au cours d’une visite de travail effectuée dans la province de Larache que le ministre a recueilli, de la bouche même des petits agriculteurs, de vives doléances. «Ceux-ci dénoncent un système de captation des engrais subventionnés, orchestré par des intermédiaires sans scrupules, qui achètent ces intrants à prix préférentiel pour les revendre avec des marges spéculatives», rapporte Assabah du 13 mars.

Selon une source autorisée au sein du cabinet du ministre Rniste, il serait enclin à diligenter une enquête approfondie confiée à l’inspection générale de son département. L’objectif: faire la lumière sur les irrégularités entachant la distribution des semences et des fertilisants, bien au-delà du seul périmètre de Larache. La même source indique qu’à l’issue de cette enquête administrative, plusieurs dossiers suspects pourraient être transmis aux autorités judiciaires, notamment dans les provinces où les manipulations se sont multipliées.

En parallèle, le ministère explore des pistes pour mettre un terme à ces dérives, qui touchent un dispositif crucial: l’octroi d’intrants à tarifs préférentiels, destiné à soutenir les exploitants agricoles. Les remontées d’information parvenues au ministre confirment l’ampleur du phénomène. À Larache, élus et agriculteurs ont fait état de la captation frauduleuse d’engrais subventionnés, en particulier la marque «Fertima», par de grands commerçants, lesquels utilisent des prête-noms sans lien avec l’activité agricole, souvent dépourvus de terres exploitables.

Ces pratiques s’appuient sur un réseau d’intermédiaires fictifs, inscrits uniquement sur le papier, qui perçoivent des sacs à un prix dérisoire, environ 10 dirhams l’unité, tandis que le bénéfice net du revendeur peut atteindre 40 dirhams par sac. «Face à cette hémorragie, Ahmed El Bouari a indiqué que son département planche actuellement sur une refonte des mécanismes de subvention, qu’il s’agisse des aliments de bétail ou des fertilisants», note Assabah. «Nous travaillons à mettre fin à ce système opaque en proposant des solutions équilibrées», a-t-il souligné, précisant que les responsables du ministère étudient les moyens d’assurer un accès juste aux aides pour l’ensemble des agriculteurs, tout en endiguant les manœuvres des lobbies, des commerçants avides de gains rapides et des spéculateurs connus sous le nom de «Chennaka».

Par Hassan Benadad
Le 12/03/2026 à 20h23