Les ministres ont refusé de répondre aux demandes des députés des groupes d’opposition souhaitant discuter de la situation dramatique des habitants des villes du nord et du nord-ouest du pays, notamment Larache, Tétouan, Tanger, M’diq, Martil, Chaouen et Taounate, mais aussi du Ksar El Kébir, ainsi que de la région de Gharb, en particulier Sidi Kacem, confrontés aux inondations et à l’évacuation des populations, indique le quotidien Assabah de ce mercredi 4 février. Face à ce refus, Driss Sentissi, président du groupe du Mouvement Populaire à la Chambre des représentants, s’est levé lors de la séance des questions orales, lundi soir, pour demander à intervenir en urgence et obtenir des réponses immédiates, conformément à l’article 163 du règlement intérieur de la première chambre.
Driss Sentissi n’a pas caché sa colère lorsque la présidente de la séance lui a répondu avec un sang-froid apparent que le gouvernement avait rejeté sa demande. Selon lui, le véritable problème des ministres réside dans leur fuite face à la confrontation, alors que les élus et les citoyens ont un besoin urgent d’informations fiables afin de contrer la propagation de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, qui sèment la panique et l’inquiétude parmi la population.
Dans ce contexte, le président du groupe parlementaire est tenu de notifier par écrit au président de la Chambre les demandes formulées par ses députés, concernant l’intervention sur un sujet général et urgent, au moins vingt-quatre heures avant l’ouverture de la séance, a-t-on lu dans Assabah. Sentissi a respecté cette procédure, mais a exprimé son étonnement face à l’absence de réaction, soulignant que le bureau de la Chambre avait fait son travail en saisissant le gouvernement dans les délais, sans que ce dernier ne réponde à sa requête.
Le député ne peut plus se prévaloir de la dernière disposition de l’article 163, qui permettrait de reporter l’intervention à la semaine suivante, car le Parlement a rapidement clos sa session alors que le pays traverse une période difficile. Selon Driss Sentissi, il aurait été possible de reporter le débat d’au moins quinze jours, afin de permettre une mobilisation nationale et une coordination efficace entre toutes les institutions. Parallèlement à la propagation des inondations du nord vers la région du Gharb, en raison de la montée du niveau des barrages et du remplissage des oueds, le gouvernement a décidé de soumettre ce dossier complexe au prochain Conseil des ministres, prévu ce jeudi 5 février, pour l’adoption d’un projet de décret relatif au classement, au suivi et à l’évaluation de la sécurité des barrages. Cette discussion et l’adoption du texte interviennent plus d’un an après que le projet législatif a été transmis au secrétariat général du gouvernement par le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Selon des sources parlementaires, ce décret, préparé le 10 décembre 2024, s’inscrit dans le cadre réglementaire de la loi n° 30.15 relative à la sécurité des barrages.







