Personnel de l’État: la digitalisation pour mieux maîtriser la masse salariale

Le Maroc est engagé dans un parcours de transformation, porté par une stratégie nationale ambitieuse: Maroc Digital 2030.

Revue de presseLe gouvernement annonce la mise en place d’un système d’information destiné à encadrer, anticiper et suivre les dépenses liées aux fonctionnaires, avec pour objectif une meilleure maîtrise des équilibres financiers et un renforcement de l’investissement public. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 19/03/2026 à 19h06

Le gouvernement annonce la mise en place d’un dispositif de digitalisation de la programmation des dépenses liées aux fonctionnaires, ainsi que du suivi de leur exécution. Ce projet repose sur un système d’information conçu par la Direction du budget relevant du ministère de l’Économie et des Finances, et s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration publique, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 20 mars. À travers une circulaire adressée aux membres du gouvernement et aux hauts responsables des institutions publiques, le chef de l’Exécutif détaille une méthodologie globale visant à mieux encadrer la planification des dépenses de personnel.

Le nouveau système d’information se présente ainsi comme un levier stratégique pour renforcer la transparence et l’efficacité de la gestion publique. En centralisant les données relatives aux fonctionnaires et aux agents de l’État, il permet une vision unifiée à l’échelle de l’ensemble des secteurs. Il offre également la possibilité d’assurer un suivi rigoureux de l’évolution des dépenses, des régularisations administratives et des opérations de gestion des ressources humaines. À terme, cet outil devrait faciliter la prise de décisions anticipatives, en permettant aux responsables publics d’ajuster les politiques budgétaires et administratives avec davantage de précision. La circulaire impose par ailleurs à l’ensemble des départements ministériels et des institutions concernées d’élaborer une programmation budgétaire prévisionnelle des dépenses de personnel sur une période de trois ans. Cette planification repose sur une approche anticipative, structurée autour d’un calendrier précis, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Elle englobe notamment les opérations de recrutement, qui devront désormais être fondées sur une évaluation rigoureuse et justifiée des besoins réels, afin de garantir l’efficacité et la qualité des services publics. Elle inclut également les promotions de grade et d’échelon, les révisions salariales conformément aux dispositions législatives et réglementaires, ainsi que les différentes opérations de régularisation administrative, de réintégration ou de suppression de postes.

Toutes ces données devront être intégrées dans le système d’information selon des modalités détaillées dans la circulaire, assurant ainsi une traçabilité complète et un suivi en temps réel. En ce qui concerne la préparation du budget de l’année suivante, des procédures précises ont été définies pour établir les prévisions de dépenses. Celles-ci reposent notamment sur les dépenses effectives constatées à la fin de chaque mois, hors arriérés, auxquelles s’ajoutent les coûts liés aux régularisations programmées pour l’année en cours. Ces projections devront être ventilées par programmes, régions et lignes budgétaires, afin d’assurer une lecture fine et structurée des engagements financiers de l’État.

Le dispositif prévoit également l’identification détaillée des dépenses induites par les opérations programmées, qu’il s’agisse de recrutements, de promotions, de régularisations ou de revalorisations salariales. Pour chacune de ces opérations, les administrations devront préciser le nombre de fonctionnaires concernés, ainsi que les échéances de mise en œuvre. Quant aux projections pour les deuxième et troisième années, elles seront calculées automatiquement via le système d’information, en combinant les dépenses prévues pour l’année précédente et l’impact budgétaire annuel des nouvelles mesures. La circulaire rend obligatoire l’actualisation mensuelle de l’ensemble des données, à partir de la fin du mois de mars et jusqu’à la finalisation du projet de loi de Finances. Les ordonnateurs sont également tenus de transmettre au ministère de l’Économie et des Finances, avant le dixième jour de chaque mois, des informations détaillées portant sur les dépenses exécutées, le coût des opérations réalisées, les dépenses prévues pour le reste de l’année ainsi que le bilan d’exécution, ventilé par programmes et par régions, a-t-on encore lu.

Le suivi de l’exécution des dépenses de personnel constitue un autre pilier central de cette réforme. Il devra être assuré via le système d’information, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur, notamment celles prévues par le décret n° 2.15.426. Les administrations devront ainsi communiquer régulièrement les dépenses effectivement engagées, celles résultant des régularisations mensuelles, ainsi que les engagements restant à honorer d’ici la fin de l’exercice budgétaire. Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la préparation du projet de loi de Finances pour l’année 2027 et de la programmation budgétaire triennale couvrant la période 2027-2029. Elle traduit une volonté de renforcer le contrôle des dépenses publiques, en particulier celles liées aux ressources humaines, tout en dotant le gouvernement d’outils d’aide à la décision plus performants.

Par La Rédaction
Le 19/03/2026 à 19h06