Les coulisses du retrait d’Aziz Akhannouch de la tête du RNI

Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch.

Revue de presseCe qui devait être une réunion de routine du bureau politique du Rassemblement national des indépendants s’est transformé en un moment de bascule. Entre surprise, tensions internes et débats juridiques, l’annonce du retrait d’Aziz Akhannouch a révélé, en coulisses, la fin d’un cycle politique et ouvert la voie à une recomposition qui s’annonce compliquée de la direction du parti. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 13/01/2026 à 18h16

Un climat de surprise et de tension a marqué la réunion du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) tenue dimanche dernier. Selon une source dirigeante proche d’Aziz Akhannouch, qui a accepté de livrer à Al Ahdath Al Maghribia, dans son édition du mercredi 14 janvier, les dessous de cette rencontre à huis clos, rien ne laissait présager l’annonce qui allait bouleverser l’équilibre interne du parti. Initialement, la réunion devait se limiter à des aspects purement organisationnels, soit fixer la date et le lieu du congrès extraordinaire, désigner une commission préparatoire et acter la prolongation du mandat des structures du parti au-delà des deux prochaines échéances électorales.

C’est dans ce cadre balisé que le président du parti a pris tout le monde de court. Aziz Akhannouch a demandé, à la surprise générale, l’inscription à l’ordre du jour d’un point inédit: l’élection d’un nouveau président du RNI. Une proposition que personne n’avait anticipée. D’après Al Ahdath Al Maghribia, le choc a été immédiat autour de la table. La demande a été accueillie par un refus collectif des membres du bureau politique, certains estimant que le moment n’était ni opportun ni souhaitable.

Mais Aziz Akhannouch est resté inflexible. Il a insisté pour que le point soit maintenu, avançant un argument juridique décisif. À ses yeux, une prolongation qui inclurait le président du parti constituerait une entorse aux statuts du RNI, lesquels limitent la présidence à deux mandats non renouvelables. Pour Akhannouch, toute autre lecture relèverait d’un contournement des règles internes.

La réunion, qui s’est étirée sur près de quatre heures, a alors basculé dans un débat tendu, parfois électrique, relate Al Ahdath Al Maghribia. Certains membres du bureau politique sont allés jusqu’à brandir la menace d’une démission pure et simple du parti si Akhannouch persistait dans sa volonté de se retirer de la direction. Les échanges ont été francs, parfois durs, révélant l’ampleur de l’attachement d’une partie de la direction à la figure de son président.

Ce n’est qu’après de longues discussions que le ton est redescendu et qu’un consensus minimal s’est dessiné. La direction du parti a commencé à esquisser les contours de l’après-Akhannouch, tout en actant que ce dernier conservera, dans la phase à venir, son statut de membre du bureau politique en sa qualité de chef du gouvernement. Pour la source, une réalité s’impose désormais. La page d’Aziz Akhannouch à la tête du RNI est tournée. Le congrès extraordinaire prévu le 7 février prochain devra consacrer l’émergence d’un nouveau leadership. Une décision présentée comme sérieuse, réfléchie et dénuée de toute manœuvre politique.

Sur l’hypothèse d’une absence de candidats à la succession, la source d’Al Ahdath Al Maghribia se veut catégorique. Des prétendants existent bel et bien, même si leurs noms n’ont pas encore été rendus publics. À l’issue de cette séquence éprouvante, le bureau politique a officiellement acté son ralliement à la nouvelle phase, tout en réaffirmant son soutien total au gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Sur le plan organisationnel, un communiqué publié dimanche précise que, sur initiative du président, il a été décidé de tenir le congrès extraordinaire au centre des expositions de la ville d’El Jadida, le 7 février 2026 à partir de seize heures. Le bureau politique a également validé la composition de la commission préparatoire chargée de piloter cet échéancier décisif, et annoncé l’ouverture officielle des candidatures à la présidence du parti au siège central de Rabat, du 12 au 28 janvier 2026 à midi et demi. En coulisses, cette réunion restera comme l’un des moments les plus délicats de l’histoire récente du RNI, révélant les lignes de fracture qu’ouvre inévitablement la fin d’un cycle politique incarné par Aziz Akhannouch.

Par La Rédaction
Le 13/01/2026 à 18h16