Législatives 2026: la procédure de candidature électronique inquiète les partis politiques

Le parlement marocain

Revue de presseLa mise en place d’une procédure entièrement dématérialisée pour le dépôt des candidatures aux législatives de 2026 ouvre une nouvelle ère pour le système électoral marocain. Si les autorités y voient un levier de transparence et d’efficacité, plusieurs acteurs politiques redoutent des risques techniques et organisationnels susceptibles de peser sur la participation électorale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 24/03/2026 à 19h01

L’adoption de la procédure de candidature électronique pour les élections de la Chambre des représentants, prévues en 2026, a déclenché un débat nourri au sein des milieux partisans. Cette réforme, qui s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration électorale, suscite des réactions contrastées, notamment chez ceux que l’on qualifie de «faucons» des élections.

Ces derniers expriment leurs inquiétudes quant à la complexité du nouveau dispositif, et ce, malgré la publication récente du décret n° 2.26.190 au Bulletin officiel, lequel fixe de manière précise le calendrier et les modalités de dépôt des candidatures ainsi que l’organisation de la campagne électorale, indique le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 25 mars. Selon ce texte réglementaire, l’opération de dépôt des candidatures débutera le 31 août 2026 à partir de huit heures du matin pour s’achever le 9 septembre à midi. Cette étape se fera exclusivement via une plateforme électronique dédiée, marquant ainsi une rupture nette avec les pratiques administratives traditionnelles. Chaque mandataire de liste sera tenu de créer un compte distinct pour chaque circonscription, qu’elle soit locale ou régionale, puis de remplir un formulaire en ligne en veillant scrupuleusement à l’exactitude des informations saisies avant validation définitive.

Ce virage numérique, présenté par les autorités comme un levier de transparence et de simplification des procédures, ne fait toutefois pas l’unanimité, a-t-on pu lire dans Al Akhbar. Plusieurs responsables politiques redoutent des difficultés techniques, notamment une saturation de la plateforme à l’approche de la date limite ou des erreurs de saisie susceptibles d’entraîner le rejet pur et simple des dossiers. Pour ces observateurs, le moindre dysfonctionnement pourrait priver certains candidats de leur droit de participer au scrutin, ce qui confère à cette réforme une dimension à la fois innovante et risquée.

Le décret impose par ailleurs aux candidats de joindre à leurs dossiers un ensemble de documents essentiels, dont une copie numérique de la liste de candidature dûment signée et légalisée, ainsi qu’un document d’investiture délivré par le parti ou la coalition concernée. Les candidatures indépendantes doivent, quant à elles, fournir les pièces juridiques requises par la législation en vigueur. Une fois que ce dépôt a été effectué, le mandataire reçoit un récépissé provisoire mentionnant la date et l’heure d’enregistrement, le numéro de la liste ainsi que le rendez-vous fixé pour la présentation de la version papier auprès des autorités compétentes.

Le texte insiste aussi sur le caractère impératif de la complétude des dossiers. Tout fichier incomplet ou dépourvu d’un document exigé sera automatiquement rejeté, explique Al Akhbar. De plus, le mandataire de liste est tenu de se présenter personnellement pour déposer les originaux dans les délais impartis, une contrainte que certains acteurs politiques considèrent comme une charge organisationnelle supplémentaire, en particulier pour les partis engagés dans de nombreuses circonscriptions.

Le décret prévoit aussi la réorganisation des listes électorales au sein d’une même circonscription en cas de retrait ou de rejet de certaines candidatures, afin de garantir la continuité et la cohérence du processus électoral. Pour de nombreux observateurs, ces dispositions pourraient contribuer à réduire les dysfonctionnements et les scènes de désordre qui ont parfois marqué les phases de dépôt lors des précédentes échéances. À l’inverse, d’autres voix défendent fermement cette réforme, la qualifiant d’étape structurante dans la modernisation du système électoral marocain.

Elles mettent en avant la réduction du contact direct avec l’administration, le renforcement de la transparence et la possibilité de suivre avec précision le traitement des dossiers. La digitalisation permettrait également d’harmoniser les procédures et de limiter les disparités constatées entre les différentes circonscriptions. S’agissant de la campagne électorale, le décret en fixe la durée du 10 au 22 septembre 2026, une période relativement courte qui impose aux partis et aux candidats une préparation en amont particulièrement rigoureuse.

Par La Rédaction
Le 24/03/2026 à 19h01