Le RNI ouvre une nouvelle étape avec l’élection de Mohamed Chouki à sa présidence

Mohamed Chaouki, nouveau président du RNI. (Y.Mannan/Le360)

Revue de presseRéuni en congrès national extraordinaire à El Jadida, dans un contexte marqué par de fortes attentes économiques et sociales, le Rassemblement national des indépendants a élu Mohamed Chouki à sa tête, succédant à Aziz Akhannouch. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 08/02/2026 à 19h12

L’élection de Mohamed Chouki à la tête du Rassemblement national des indépendants a constitué le fait marquant du congrès national extraordinaire du parti, tenu samedi à El Jadida, dans un contexte national caractérisé par la complexité des défis économiques et sociaux et par la montée des attentes envers les acteurs politiques. Membre du bureau politique et président du groupe parlementaire du parti, Chouki a été désigné nouveau président du RNI en succession d’Aziz Akhannouch, obtenant 1 910 voix sur 1 933 suffrages exprimés, contre 23 bulletins nuls.

«Ce résultat, considéré par la direction du parti comme l’expression d’une unité interne et d’un choix démocratique dans la gestion des responsabilités, traduit également une volonté de renouvellement dans la continuité», écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 9 février.

Dans sa première intervention après son élection, Mohamed Chouki a affirmé que le Rassemblement national des indépendants n’est pas une formation politique conjoncturelle dans l’histoire politique marocaine, mais un acteur doté d’une trajectoire stable, d’une référence idéologique claire et d’une vision inspirée par l’orientation stratégique du roi Mohammed VI. Il a insisté sur le fait que la prochaine étape exige le renforcement de la cohésion interne du parti, le renouvellement de ses élites et la poursuite de son engagement dans le traitement des priorités économiques et sociales des citoyens. Tout en exprimant sa fierté de succéder à Aziz Akhannouch, Chouki a souligné que cette transition constitue avant tout un transfert de responsabilité et un signal politique confirmant le choix du parti d’inscrire son évolution dans une logique de continuité institutionnelle.

«Il a également salué le bilan de son prédécesseur, estimant que sa présidence a consolidé la référence sociale-démocrate du parti et reposé sur une approche fondée sur la responsabilité, l’efficacité et la modestie», rapporte Al Akhbar.

Lors de son discours d’ouverture, Aziz Akhannouch a replacé la tenue du congrès dans une phase qu’il a qualifiée de délicate, tant pour le parti que pour le contexte national. Il a souligné que le Maroc traverse une étape charnière nécessitant, de la part des formations politiques, une capacité accrue à répondre aux enjeux économiques, sociaux et institutionnels. Selon lui, la crédibilité de l’action politique repose sur la pratique d’un engagement sérieux, sur l’éthique de la responsabilité et sur la consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions. Il a insisté sur l’idée que la politique, lorsqu’elle est exercée avec sincérité, devient un levier de réforme au service de l’intérêt général et que la construction des nations ne repose pas sur des slogans, mais sur la clarté des visions et la constance des engagements.

Akhhannouch a rappelé que «son engagement partisan n’a jamais été motivé par la recherche de positions ou de statuts, mais par la conviction que l’action politique constitue le socle d’une pratique démocratique saine». Il a estimé que la phase actuelle exige une vision globale conciliant réalisme et ambition afin d’accompagner les transformations économiques et sociales que connaît le Royaume, dans le cadre de l’orientation royale qui place la justice sociale et le renforcement des institutions au cœur du projet national.

Revenant sur l’évolution organisationnelle du parti, il a évoqué le tournant du 29 octobre 2016, considéré comme une étape de prise de conscience quant au poids des responsabilités politiques et organisationnelles. Selon lui, cette période a marqué le début d’un processus de réforme interne visant à redonner du sens à l’action partisane, en rapprochant le discours politique des réalités du terrain et en réhabilitant la politique comme outil de transformation. Ce processus s’est concrétisé, à partir de 2017, par la mise en place d’une structure organisationnelle modernisée reposant sur la démocratie interne, l’égalité des chances et l’intégration de toutes les sensibilités militantes, dans une logique valorisant le pluralisme plutôt que l’unanimisme de façade.

Cette dynamique a contribué à façonner l’identité du parti autour d’une référence à la démocratie sociale, fondée sur l’équilibre entre efficacité économique et justice sociale, tout en plaçant le citoyen au centre des politiques publiques.

«Dans le même esprit, le parti a opté pour l’ouverture sur la société à travers la création d’organisations parallèles destinées à favoriser l’implication des jeunes, l’autonomisation des femmes et la représentation des différentes catégories socioprofessionnelles, afin de refléter la diversité du tissu social marocain», affirme Al Akhbar.

Akhhannouch a également insisté sur l’importance du travail de proximité, estimant que toute formation politique déconnectée des préoccupations des citoyens est condamnée à l’isolement, quelle que soit la qualité de son discours. Dans cette optique, le parti a lancé, en 2018, une série de conférences régionales visant à instaurer un dialogue direct avec les militants et les citoyens, démarche qui a contribué à forger la conviction que les réformes durables doivent émerger de la base et non être imposées depuis le centre.

Ce processus d’écoute s’est prolongé à travers l’initiative «100 jours, 100 villes», qui a permis d’approcher les réalités quotidiennes dans les petites et moyennes agglomérations longtemps marginalisées. Les conclusions de ces consultations ont alimenté l’élaboration du programme électoral présenté en 2021, décrit par Akhannouch comme le fruit d’un long travail d’écoute et d’analyse des attentes sociales. Après avoir obtenu la confiance des électeurs, le parti a œuvré à la formation d’une majorité gouvernementale cohérente, fondée sur la solidarité et la responsabilité collective. Il a affirmé que l’action gouvernementale a privilégié une approche équilibrée, basée sur le dialogue et la négociation, permettant de contenir les effets de l’inflation mondiale tout en préservant les équilibres macroéconomiques et en posant les bases de l’État social.

Par La Rédaction
Le 08/02/2026 à 19h12