La grève des avocats paralyse les tribunaux et perturbe les services judiciaires

La grève des avocats paralyse les tribunaux.

Revue de presseLe paysage judiciaire marocain est secoué. En réaction à un projet de loi vivement critiqué par les avocats, l’Association des barreaux du Maroc a lancé une grève ouverte, plongeant tribunaux et justiciables dans une paralysie aux répercussions immédiates et profondes. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 02/02/2026 à 19h53

Le secteur judiciaire traverse une période de profonde perturbation, marquée par une quasi-paralysie à la suite du mouvement de grève ouverte décrété par l’Assciation des barreaux du Maroc (ABAM). Cette action, d’une ampleur significative, a directement entravé le fonctionnement normal des tribunaux, occasionnant le report massif d’une multitude de services et de procédures.

Les avocats, en cessant leurs activités professionnelles, ont instauré un boycott complet du portail électronique de la justice, incluant le règlement des frais afférents. «Cette mobilisation radicale fait suite à la décision du bureau de l’ABAM de prolonger la grève sine die», rapporte Al Akhbar de ce mardi 3 février. Cette protestation vise un projet de loi régissant la profession, perçu par l’association comme une atteinte aux constantes historiques du métier d’avocat et une menace directe contre les principes fondamentaux d’indépendance, de liberté et d’auto-organisation.

Les répercussions sont tangibles et lourdes: des centaines d’audiences, qu’elles concernent des affaires pénales, civiles, commerciales ou des urgences judiciaires, ont été différées. Les justiciables, confrontés à des portes closes et à des procédures suspendues, voient leur accès à la justice entravé, nourrissant un sentiment croissant d’incompréhension et de mécontentement.

Dans un communiqué publié le 31 janvier, l’ABAM a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce mardi 3 février pour exposer officiellement ses positions. L’association justifie sa décision par l’épuisement de tous les canaux de dialogue, n’ayant recueilli, selon ses termes, que des «déclarations gouvernementales qui ne se traduisent pas en actions concrètes». Elle a également indiqué qu’elle interpellera par écrit le président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) et l’ensemble des responsables judiciaires, les appelant à prendre les mesures nécessaires pour protéger les droits des justiciables et de la défense.

Parallèlement, l’ABAM a lancé un appel à une participation massive au sit-in national prévu vendredi 6 février. Elle salue le succès de la mobilisation observée depuis janvier, y voyant le reflet d’une prise de conscience collective de la gravité de la situation.

«Enfin, l’association réaffirme que sa vision de la réforme procède d’une approche globale, plaçant la protection des droits du citoyen et la recherche d’un équilibre au sein du système judiciaire au cœur de ses priorités», note Al Akhbar. Elle insiste sur l’impérieuse nécessité d’engager, autour de ce texte controversé, un dialogue véritablement participatif, conforme aux directives royales et aux principes universels qui régissent la mission de défense.

Par Hassan Benadad
Le 02/02/2026 à 19h53