Justice & intelligence artificielle: l’appel de Mohamed Abdennabaoui à sortir d’un rôle de spectateur

Mohamed Abdennabaoui.

Mohamed Abdennabaoui, Premier président de la Cour de cassation et Président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. . Le360 : DR

Revue de presseRéunis à l’occasion d’une conférence internationale coorganisée par la Cour de cassation et l’AHJUCAF, les acteurs du monde judiciaire se sont penchés sur les opportunités et les risques de l’intelligence artificielle. Face à cette transformation structurelle inévitable, Mohamed Abdennabaoui appelle à une mobilisation proactive du législateur pour instaurer un cadre éthique pleinement rigoureux, affirmant que la justice doit être un acteur central de la révolution numérique, tout en préservant son empreinte, profondément humaine. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 15/10/2026 à 19h43

Lors de l’ouverture d’une conférence internationale de haut niveau consacrée au thème «Justice et intelligence artificielle: opportunités et risques», Mohamed Abdennabaoui, Premier président de la Cour de cassation et Président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, a souligné l’impératif pour l’institution judiciaire de s’adapter aux mutations technologiques contemporaines.

Il a affirmé, avec conviction, que l’IA est devenue une réalité incontournable, opérant une transformation structurelle profonde qui offre des perspectives prometteuses pour optimiser le rendement des tribunaux, accélérer le traitement des dossiers et faciliter la recherche juridique, rapporte le quotidien Assabah de ce vendredi 16 octobre.

Tout en saluant les avancées significatives offertes par ces outils numériques pour fluidifier l’accès à l’information et anticiper l’évolution des litiges, le haut responsable judiciaire a insisté sur le fait que la justice ne peut demeurer un simple spectateur de la révolution numérique. Selon lui, le système judiciaire doit s’engager activement dans cette transformation globale, tout en préservant le caractère fondamentalement humain du pouvoir judiciaire. L’équité, la justice et la primauté de la personne doivent rester au cœur de toute démarche d’intégration technologique.

Face aux dérives potentielles et aux défis éthiques soulevés par l’usage des technologies algorithmiques dans le domaine du droit, Mohamed Abdennabaoui a appelé à une intervention législative rigoureuse et proactive. Il a également plaidé pour l’adoption de lois et de régulations adaptées, accompagnées de la mise en place d’un code de déontologie strict, fixant les principes cardinaux pour les magistrats et l’ensemble des professionnels du secteur. Cette démarche vise à encadrer l’usage de ces outils, à prévenir les risques d’incertitude juridique et à garantir le respect des droits fondamentaux.

S’exprimant également en sa qualité de président de l’Association des Hautes Juridictions de Cassation des pays ayant en partage l’usage du français (AHJUCAF), Mohamed Abdennabaoui a insisté sur l’urgence d’adopter des lignes directrices éthiques et des chartes de conduite professionnelle renforcées. Il a rappelé que l’intelligence artificielle ne constitue pas une mode éphémère mais une mutation technologique majeure dont aucun pays ni secteur ne peut s’isoler à long terme sans risquer d’être relégué en marge du développement, lit-on dans Assabah.

Le Premier président a inscrit cette réflexion dans la continuité des visions stratégiques du Royaume du Maroc en matière de transition numérique et d’économie de la connaissance. Il a notamment fait référence aux orientations royales, qui ont été impulsées depuis plus de deux décennies pour intégrer le Maroc dans la société de l’information, ainsi qu’au récent discours du Roi Mohammed VI devant le Parlement appelant au lancement d’une nouvelle génération d’initiatives stratégiques dans les domaines de la numérisation, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.

Organisé par la Cour de cassation du Royaume du Maroc en partenariat avec l’AHJUCAF, cet événement s’inscrit dans le cadre du programme annuel de l’association. Les débats et travaux de cette rencontre visent à éclairer la voie vers une intégration harmonieuse et responsable des nouvelles technologies au sein de la justice, afin que le corps judiciaire puisse pleinement y jouer un rôle actif, souverain et éclairé, dans la construction du monde numérique de demain.

Par La Rédaction
Le 15/10/2026 à 19h43