Inondations et urbanisme: quand la construction néglige les risques naturels

Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.

Revue de presseLes récentes inondations dans le nord du pays ont révélé des failles majeures dans la gestion de l’urbanisme. Des maisons s’effondrent, des villages se retrouvent sous les eaux, et les agences urbaines sont critiquées pour avoir autorisé des constructions dans des zones à risque, malgré les avertissements scientifiques. Le Parlement interroge désormais la ministre Fatima Ezzahra El Mansouri sur les mesures immédiates pour corriger ces dysfonctionnements et protéger les populations. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 01/03/2026 à 19h38

Un rapport récent sur les dysfonctionnements en matière d’urbanisme et le manque d’évaluation des risques naturels dans plusieurs agences urbaines du nord du pays, ainsi que dans d’autres régions, a été soumis il y a quelques jours à Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, du Logement et de la Politique de la Ville. Les rapports de terrain révèlent que des projets résidentiels ont été autorisés et construits dans des zones classées scientifiquement comme inondables ou situées sur d’anciens lits de rivières, indique Al Akhbar dans son édition de ce lundi 2 mars. Cette situation révèle le non-respect, par certaines agences urbaines, des cartes des risques naturels lors de l’étude et de l’approbation des dossiers de construction. Selon ces mêmes rapports, ces dysfonctionnements en matière d’urbanisme ont entraîné des dommages importants dans les zones intérieures, ainsi que dans de vastes régions rurales du nord.

À cela, s’ajoutent les inondations ayant touché des habitations à Tanger et à Tétouan, et les complications dans l’évacuation des eaux de pluie dans les zones basses, provoquant des pertes matérielles considérables et mettant en péril la sécurité et la vie des habitants. Au Parlement, Fatima Ezzahra El Mansouri a été interrogée sur les bases légales et techniques sur lesquelles son ministère s’appuie pour justifier la délivrance continue de permis de construire dans des zones à risque, malgré les avertissements antérieurs. Elle a également été invitée à détailler les mesures légales et administratives strictes qui seront prises à l’encontre des agences urbaines ayant validé de tels projets sans tenir compte des risques naturels, ainsi que les programmes immédiats envisagés pour corriger ces lacunes et garantir le respect des conditions de sécurité et de prévention des dangers.

De nombreux spécialistes de l’urbanisme ont souligné que l’effondrement de dizaines de maisons dans les villages du nord n’était pas uniquement dû aux inondations et aux précipitations, mais aussi à des facteurs liés à la désorganisation du secteur de la construction. Selon ces experts, plusieurs étapes cruciales doivent être respectées avant, pendant et après les travaux de construction pour assurer la sécurité des habitations, écrit Al Akhbar.

Avant tout projet, des études techniques sont nécessaires afin d’éviter les glissements de terrain, les effondrements rocheux et les problèmes liés aux berges et aux cours d’eau. Le choix des matériaux de construction doit ensuite garantir qualité et sécurité, tandis que des contrôles réguliers doivent être effectués pour détecter toute fissure ou défaut pouvant se manifester lors de catastrophes naturelles. Enfin, un entretien et une maintenance adéquats sont indispensables pour prévenir tout risque futur, selon les rapports des ingénieurs spécialisés dans le domaine. Cette affaire révèle encore une fois un problème structurel majeur dans la gestion de l’urbanisme au Maroc, où la pression sur le développement résidentiel semble parfois primer sur la prévention des risques, au détriment de la sécurité des populations.

Par La Rédaction
Le 01/03/2026 à 19h38