Gestion contestée du dossier du marché Labhira: le Conseil de la ville de Casablanca sous le feu des critiques

La présidente du Conseil communal de Casablanca, Nabila Rmili, préside une réunion des élus communaux, au cours du mois de février 2024.

Revue de presseLa dernière session du Conseil communal de Casablanca a été marquée par un vif débat sur les modalités d’indemnisation des exploitants du marché de Souk Labhira, promis à la démolition. Entre contestations juridiques, inquiétudes sociales et désaccords sur les procédures, ce dossier met en lumière les défis liés à la relocalisation des commerçants. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 09/02/2026 à 19h23

La dernière session du Conseil de la ville de Casablanca a été marquée par des débats particulièrement animés et par une vive controverse d’ordre juridique. Les discussions se sont principalement focalisées sur les modalités d’indemnisation des exploitants et commerçants exerçant au sein du marché de Souk Labhira, un dossier sensible qui suscite de nombreuses inquiétudes parmi les professionnels concernés, indique le quotidien Al Akhbar de ce mardi 10 février.

Des membres du Conseil communal relevant de l’arrondissement de Sidi Belyout ont indiqué que ce dossier a connu récemment des évolutions importantes concernant la compensation des personnes affectées. Selon ces élus, l’accord conclu entre les autorités locales et les exploitants s’est appuyé sur un recensement de terrain réalisé par l’administration, visant à identifier les bénéficiaires effectifs des indemnisations. Ces mêmes sources ont précisé que les autorités ont constaté que certaines personnes exploitaient effectivement les galeries commerciales à l’intérieur du marché, alors que les autorisations d’origine ainsi que les documents fiscaux étaient enregistrés au nom d’autres individus. Sur cette base, les exploitants occupant réellement les lieux ont été intégrés dans la liste des bénéficiaires des compensations, une décision qui a suscité des divergences d’interprétation lors des travaux de la session du mois de février, a-t-on pu lire.

Au cours de ces discussions, il a été révélé qu’un accord, conclu en présence du président de la Chambre professionnelle concernée, prévoit l’attribution d’un terrain destiné à la relance du marché. Toutefois, cette solution envisagée pourrait se concrétiser en dehors du périmètre de la capitale économique, ce qui alimente les inquiétudes des commerçants et des artisans. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer un recours à la justice ou une révision de la position des autorités compétentes, en se référant aux engagements précédemment signés afin de garantir les droits des propriétaires et exploitants des locaux commerciaux, écrit Al Akhbar.

Le marché de Souk Labhira compte environ 262 échoppes et constitue un centre de fabrication d’articles de maroquinerie, notamment les sacs en cuir et les accessoires de voyage, produits commercialisés aussi bien sur le marché national qu’à l’international. Pour de nombreux artisans, la démolition de leurs locaux commerciaux menace directement leur source de revenus et la pérennité de leur savoir-faire, indique le quotidien.

Les informations disponibles précisent que ces locaux commerciaux ont été acquis au fil des décennies à travers des cessions successives entre bénéficiaires. Ces dernières années, la valeur de vente d’un local atteignait environ 400.000 dirhams, un montant qui contraste fortement avec les indemnisations jugées insuffisantes par la majorité des commerçants, qui estiment qu’elles ne permettent pas d’assurer la continuité de leurs activités dans d’autres espaces commerciaux. Par ailleurs, les travaux du Conseil ont également été marqués par des critiques relatives au report répété de l’examen du dossier de la propreté urbaine. Ce report vise, selon les responsables, à accorder davantage de temps à l’étude et à l’analyse de ce dossier jugé stratégique, notamment en ce qui concerne le cahier des charges que la ville prévoit d’adopter dans le cadre de la gestion déléguée du secteur par les sociétés de nettoyage lors de la prochaine phase.

Certains élus ont également exprimé leur opposition à ce qu’ils considèrent comme des irrégularités juridiques liées à l’ajout d’un point à l’ordre du jour durant la séance, sans qu’il ne soit préalablement examiné en commission. Ils rappellent que l’article 39 de la loi organique 113.14 attribue exclusivement au wali la prérogative d’inscrire des points urgents à l’ordre du jour. Selon eux, l’introduction de nouvelles questions selon une autre procédure constitue une violation légale qui ne saurait être tolérée.

Par La Rédaction
Le 09/02/2026 à 19h23