Et de dix: à Washington, la congresswoman Claudia Tenney soutient la loi classant le Polisario comme organisation terroriste

La congresswoman Claudia Tenney avec le président américain Donald Trump.

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Le 9 mars 2026, la représentante républicaine Claudia Tenney a officiellement rejoint les soutiens de ce texte bipartisan déposé en juin 2025 par Joe Wilson et Jimmy Panetta. Elle devient ainsi la dixième parlementaire américaine à appuyer cette initiative législative, moins d’une semaine après le ralliement de Don Bacon, confirmant l’accélération de la dynamique politique autour de ce dossier à Washington.

Le 10/03/2026 à 10h28

La dynamique de soutien au Congrès américain autour de la proposition de loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste étrangère continue de s’intensifier. Le 9 mars 2026, la représentante républicaine Claudia Tenney a officiellement annoncé son ralliement à cette initiative législative, devenant ainsi la dixième parlementaire américaine à soutenir ce texte.

Cette nouvelle adhésion intervient moins d’une semaine après le ralliement du député républicain Don Bacon, annoncé le 3 mars 2026, confirmant une accélération du rythme des soutiens au Capitole. Déposée initialement le 24 juin 2025 par les représentants Joe Wilson et Jimmy Panetta, la proposition de loi vise à contraindre l’administration américaine à examiner formellement l’inscription du front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères des États-Unis.

Figure du Parti républicain, Claudia Tenney représente actuellement la 24ème circonscription de l’État de New York à la Chambre des représentants depuis janvier 2023. Elle s’est imposée au Congrès comme une élue particulièrement active sur les dossiers liés à la sécurité nationale et à la défense.

Au sein de la Chambre, Tenney siège dans plusieurs commissions stratégiques, notamment la Commission des Voies et Moyens (Ways and Means), la Commission de la Science, de l’Espace et de la Technologie ainsi que le Comité permanent spécial sur le renseignement.

Fervente partisane du président Donald Trump, elle appartient à l’aile républicaine qui met fortement l’accent sur les questions de sécurité internationale, de lutte contre le terrorisme et de rivalités géopolitiques. Son soutien à la proposition de loi s’inscrit dans cette ligne politique, qui privilégie une approche sécuritaire renforcée dans l’analyse des crises régionales.

Le ralliement de Claudia Tenney intervient dans un contexte où les soutiens parlementaires à l’initiative se multiplient à Washington. Le 3 mars 2026, Don Bacon avait officiellement rejoint la proposition de loi. Bacon est une figure influente sur les questions de sécurité. Avant son entrée en politique, il a effectué près de trente ans de carrière dans l’US Air Force, occupant notamment des fonctions liées au renseignement et à la cybersécurité. Au Congrès, il siège à la Commission des Forces armées et préside le sous-comité sur la cybersécurité, les technologies de l’information et l’innovation (CITI). Son expérience dans les domaines du renseignement et des menaces hybrides a renforcé la portée sécuritaire du débat autour du Polisario.

Son ralliement était lui-même intervenu neuf jours après celui du représentant républicain Zachary Nunn, annoncé le 24 février 2026. Nunn, ancien officier de l’US Air Force et membre de la Garde nationale de l’Iowa, a été promu lieutenant-colonel en 2021 puis colonel en 2024, ce qui fait de lui l’un des élus républicains disposant d’un profil militaire marqué.

La séquence de soutien avait auparavant été relancée le 13 février 2026 par l’adhésion du représentant républicain Pat Harrigan, ancien membre des forces spéciales américaines (Green Berets). Son appui avait contribué à repositionner le débat autour du Polisario dans une perspective plus sécuritaire, mettant en avant les risques de déstabilisation régionale et les connexions potentielles avec des réseaux armés transnationaux.

La liste actualisée des soutiens de la loi criminalisant le Polisario au Congress.

Avec l’adhésion de Claudia Tenney, la proposition de loi compte désormais dix membres du Congrès parmi ses soutiens officiels. Le noyau initial du texte comprenait six parlementaires: Joe Wilson, Jimmy Panetta, Mario Diaz-Balart, Jefferson Shreve, Randy Fine et Lance Gooden. À ces soutiens se sont ainsi ajoutés, depuis février seulement, Pat Harrigan, Zachary Nunn, Don Bacon et Claudia Tenney. Cette progression rapide illustre une consolidation progressive d’un front parlementaire bipartisan autour de la question.

Une pression croissante

La dynamique ne se limite pas à la Chambre des représentants. Au Sénat, l’influent sénateur républicain Ted Cruz a également annoncé son intention de déposer une initiative législative similaire.

Lors d’auditions consacrées à la sécurité en Afrique du Nord et au Sahel tenues en février, Cruz a développé une rhétorique particulièrement offensive contre le Front Polisario, évoquant ce qu’il qualifie de «houthisation» du mouvement, en référence aux rebelles houthis du Yémen. Il a notamment évoqué des liens présumés avec l’Iran -objet d’une offensive militaire américaine sans précédent- susceptibles d’inclure un accès à certaines technologies militaires comme les drones, ainsi qu’un rôle potentiel dans les circuits d’approvisionnement en armes vers des groupes jihadistes opérant au Sahel.

Ces accusations contribuent à inscrire le conflit du Sahara dans une lecture sécuritaire élargie du point de vue américain.

Cette séquence politique intervient dans un contexte diplomatique et stratégique particulièrement sensible. Les 8 et 9 février 2026, une réunion consacrée au processus politique autour du Sahara occidental s’est tenue à Madrid. Elle a été suivie par de nouvelles discussions organisées à Washington les 23 et 24 février 2026, sous l’égide de l’administration américaine. Ces rencontres ont réuni des représentants du Maroc, de l’Algérie contrainte et forcée, du Polisario et de la Mauritanie.

Parallèlement, les tensions régionales se sont accentuées autour de la question des relations présumées entre le Polisario, l’Iran et certains réseaux armés opérant au Sahel, dans un contexte où Washington mène une politique de confrontation accrue avec Téhéran.

Dans ce cadre, l’adhésion de Claudia Tenney renforce la perception, au sein d’une partie croissante du Congrès américain, que la question du Polisario doit être abordée non plus uniquement sous l’angle diplomatique, mais également dans une perspective plus large de lutte contre le terrorisme et de stabilité stratégique en Afrique du Nord et dans la région sahélienne. Une perspective où tant le Polisario que son protecteur l’Algérie apparaissent de plus en plus comme un axe du mal aussi armé et dangereux qu’imprévisible.

Par Tarik Qattab
Le 10/03/2026 à 10h28