Élections 2026: la nouvelle loi électorale peut-elle assainir l’hémicycle ?

L'hémicycle de la Chambre des représentants.

Revue de presseEn fixant la date des élections législatives, l’Exécutif a donné le top départ d’une course électorale qui s’annonce cruciale pour la douzième législature. Au-delà des enjeux majeurs que sont la consolidation de l’intégrité territoriale et la lutte contre l’abstentionnisme, une refonte du code électoral rebat les cartes. Entre l’éviction des justiciables, l’émergence d’une nouvelle génération de candidats et l’assaut donné contre l’influence de l’argent, la physionomie de la future Chambre des représentants suscite de nombreuses interrogations. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 19/03/2026 à 18h52

En convoquant le corps électoral pour 2026, le gouvernement a actionné le mécanisme qui met en branle toute la machinerie politique. Cependant, au-delà des échéances traditionnelles, ce scrutin est perçu comme un test décisif pour la moralisation de la vie publique. Les récentes modifications législatives, définies dans la loi organique n°53.25, dessinent les contours d’une nouvelle ère parlementaire, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 20 mars.

La principale inconnue réside dans la cartographie de la prochaine Chambre des représentants. Qui siègera dans les 395 sièges de l’hémicycle ? Les critères de sélection ont été profondément remodelés. L’ambition affichée par le ministère de l’Intérieur à travers cette réforme est claire : ériger une barrière légale infranchissable pour les personnes sous le coup de poursuites judiciaires. Parallèlement, l’introduction d’un quota de jeunes non affiliés vise à insuffler un vent de renouveau et à diversifier les profils, traditionnellement dominés par des figures partisanes établies.

Ces interrogations trouvent leur légitimité dans le bilan contrasté de l’actuelle mandature. L’expérience parlementaire qui s’achève a été profondément marquée par une série de poursuites ayant visé plusieurs figures marquantes. Ce climat judiciaire, s’il témoigne d’une volonté de moralisation, a également jeté une lumière crue sur l’institution, alimentant les critiques sur son intégrité. Le législateur a donc cherché à tirer les leçons de ce passé récent en verrouillant l’accès à la représentation nationale.

La question centrale qui demeure est celle de la place des «notables électoraux». Ces acteurs traditionnels, habitués des campagnes et détenteurs d’influence locale, verront-ils leur hégémonie remise en cause? Si le coût exorbitant des campagnes électorales laisse penser que la fortune personnelle restera un atout, le nouveau code électoral a été conçu pour transformer cet atout en passif. Les «riches de la politique», dont les noms ont été entachés par des accusations de crimes électoraux, se trouvent désormais pris en étau.

Le législateur a méthodiquement démantelé les anciennes cartes gagnantes. L’argent et l’influence, jadis leviers redoutables, sont devenus des fardeaux éthiques, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Pour les formations politiques, l’association avec des candidats poursuivis par la justice représente désormais un risque réputationnel majeur. En érigeant la chambre des représentants en «bastion interdit» aux notables défaillants, la réforme aspire à rompre avec les pratiques du passé. Une question reste en suspens: cette ambition parviendra-t-elle à résister à la réalité, complexe, du terrain électoral?

Par le360
Le 19/03/2026 à 18h52