La tenue imminente de la session d’octobre du conseil communal de Rabat s’annonce dans un climat particulièrement tendu. Cette effervescence fait suite à l’inscription à l’ordre du jour d’un point capital: l’examen et l’adoption du budget de fonctionnement pour l’année 2026.
«Pour de nombreux observateurs, cet exercice budgétaire revêt un caractère décisif, constituant un véritable défi pour la capitale qui aspire à affirmer son rang de ville moderne à l’échelle africaine et internationale», rapporte Al Akhbar dans son édition du mardi 23 septembre. Des sources internes font état de vives controverses entre les différentes sensibilités du conseil, portant sur la persistance d’une conception traditionnelle dans l’élaboration des finances communales.
Le modèle actuel, en effet, continue de privilégier majoritairement la gestion administrative courante, au détriment des investissements destinés aux équipements structurants et aux grands chantiers d’envergure. Le budget programmé, s’élevant à 1,3 milliard de dirhams, verrait ainsi l’essentiel de ses ressources absorbé par le fonctionnement, sans impact tangible sur l’amélioration des services offerts aux citoyens ni sur le renforcement des infrastructures. Cette approche budgétaire est dénoncée comme étant figée, n’ayant que peu évolué depuis des décennies, reproduisant mécaniquement les mêmes schémas sans aucune innovation.
Certains élus n’hésitent pas à affirmer que le document actuel est en tous points semblable à ceux qui étaient produits dans les années soixante-dix du siècle dernier. Ils déplorent que les dépenses de fonctionnement traditionnelles absorbent une grande partie des ressources, tandis que les services de proximité, les espaces publics et les installations sociales pâtissent d’un déficit structurel criant. «L’opposition souligne avec force que ce modèle obsolète a eu pour effet de maintenir Rabat, en dépit de son statut de capitale, en retrait par rapport à la dynamique des métropoles africaines et mondiales», relaie Al Akhbar.
Alors que des villes souvent plus modestes parviennent à s’imposer sur la scène régionale grâce à des stratégies de communication et des projets urbains audacieux, Rabat continuerait de souffrir d’une gestion financière peu optimale, qualifiée par certains de «dilapidation de ressources sans rentabilité pour les habitants».
Face à ce constat, des voix s’élèvent au sein du conseil pour exiger que le budget 2026 incarne une rupture radicale. Leur ambition est de réorienter les ressources vers l’entretien et la consolidation des grands projets royaux structurants, à l’instar de la réhabilitation des rives de l’oued Bouregreg, ainsi que vers des programmes de modernisation des infrastructures culturelles, sportives et sociales.








