Le ministère de l’Intérieur et les services de sécurité ont lancé une vaste opération de surveillance visant les personnes qui envisagent de déposer leur candidature aux prochaines élections législatives. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’activation de l’article 62 de la loi organique relative à la Chambre des représentants, entrée en vigueur le 16 mars dernier, date de publication au Bulletin officiel du décret fixant la tenue du scrutin, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce jeudi 2 avril. Ce dispositif juridique prévoit des sanctions particulièrement dissuasives à l’encontre de toute tentative d’influence sur le vote des électeurs.
Toute personne qui, durant la période s’étendant de la publication du décret jusqu’à l’annonce des résultats, obtient ou tente d’obtenir une ou plusieurs voix en échange de dons, d’avantages matériels ou financiers, de promesses d’emplois ou de bénéfices divers, encourt une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende pouvant atteindre 100.000 dirhams. La loi ne se limite pas aux seuls initiateurs de ces pratiques, mais vise également ceux qui acceptent ces avantages ou servent d’intermédiaires, consacrant ainsi une responsabilité élargie couvrant toutes les parties impliquées dans ce type d’infractions.
Dans ce contexte, les autorités ont renforcé de manière significative les mécanismes de contrôle sur le terrain. Des instructions strictes ont été adressées aux walis, gouverneurs et agents d’autorité afin de suivre de près les activités des candidats potentiels. Les services compétents au sein des préfectures sont chargés d’établir des rapports détaillés sur les comportements observés, notamment en ce qui concerne l’utilisation de ressources financières ou d’aides sociales susceptibles d’influencer les électeurs. Une attention particulière est également portée aux élus locaux et aux présidents de collectivités territoriales soupçonnés d’exploiter les moyens publics ou les projets financés par l’État dans le cadre de campagnes électorales anticipées.
L’article 62 apparaît ainsi comme un outil central dans la lutte contre la corruption électorale, en instaurant un cadre répressif rigoureux bien avant la date du scrutin. En criminalisant toutes les formes d’achat de voix et d’influence illégitime, qu’elles soient directes ou indirectes, le législateur entend protéger la sincérité du processus électoral. La portée du texte s’étend même aux tentatives visant à inciter les électeurs à s’abstenir, illustrant une volonté claire d’englober toutes les pratiques susceptibles de porter atteinte à la liberté de choix.
Pour de nombreux observateurs cités par Al Akhbar, ces dispositions traduisent une détermination affirmée des pouvoirs publics à moraliser la vie politique, dans un contexte où certaines échéances électorales ont été marquées par des pratiques contestées compromettant l’égalité des chances entre candidats. Toutefois, leur efficacité dépendra largement de la rigueur des contrôles et de la capacité des mécanismes de signalement et de poursuite à fonctionner pleinement, ce qui constitue un véritable défi pour les autorités concernées.
Les différents services impliqués entendent appliquer ces mesures avec fermeté, afin de mettre un terme aux dérives liées à l’achat des voix et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions élues, conformément aux orientations royales. Dans cette optique, le ministère de l’Intérieur a introduit d’importantes réformes du cadre légal électoral, visant à renforcer l’intégrité du processus dans toutes ses phases et à contrer avec détermination toute atteinte à sa crédibilité.
Lors de la présentation des projets de lois électorales devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a insisté sur la nécessité de doter le pays de mécanismes juridiques, organisationnels et opérationnels capables de garantir des élections transparentes et équitables. Il a également souligné l’importance de créer les conditions favorables à une participation électorale significative, permettant l’émergence d’institutions représentatives à même de répondre aux défis majeurs et aux attentes des différentes composantes de la société marocaine.
Abdelouafi Laftit a enfin appelé à la mobilisation de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux afin de faire du scrutin législatif de 2026 un moment démocratique exemplaire. Un rendez-vous électoral qui, selon le ministre de l’Intérieur, devra non seulement consolider la confiance dans le processus démocratique, mais aussi soutenir les grands chantiers stratégiques du Royaume, notamment la consolidation de l’intégrité territoriale et le renforcement de la position du Maroc sur la scène internationale.




