L’annonce a été accueillie avec enthousiasme par Wall Street et avec un soulagement prudent au Danemark, mais avec méfiance sur l’île arctique, territoire autonome danois.
Le président américain a refusé de préciser si le compromis en discussion donnait aux États-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l’a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d’en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine.
«Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit “je ne vais pas attaquer le Groenland”, ce sont des messages positifs», a réagi le ministre des Affaires étrangères danois Lars Løkke Rasmussen, sans vouloir se prononcer sur le projet d’accord annoncé.
Le chef de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, Mark Rutte, avec qui Donald Trump dit avoir négocié le projet d’accord, a lui déclaré à l’AFP qu’il restait «beaucoup de travail» avant de le finaliser.
Sans livrer aucun détail, le président américain a assuré à des journalistes qu’il n’était «pas question d’argent» dans les négociations.
«Au cours d’une réunion très productive que j’ai eue avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique», a écrit le dirigeant républicain sur son réseau Truth Social, depuis la station de ski suisse où il participe au Forum économique mondial.
«Pour toujours»
«Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février», a ajouté Donald Trump dans son message.
Cette menace, émise samedi en réaction à l’envoi de troupes européennes, visait la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.
Wall Street, dont Donald Trump suit toujours les mouvements avec une attention soutenue, a salué cette désescalade commerciale. Le Dow Jones a progressé de 1,21% et l’indice Nasdaq a pris 1,18% mercredi, après avoir chuté la veille.
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Le président américain, ancien promoteur immobilier, se vante régulièrement d’être un négociateur hors pair de «deals» forcément avantageux mais parfois bien vagues.
Ses déclarations à Davos n’ont pas fait exception à la règle.
Il a assuré à des journalistes que le projet d’accord donnait aux États-Unis «tout ce (qu’ils) voulaient» et «pour toujours».
Interrogé pour savoir si cela impliquait une possession du Groenland, il a hésité puis esquivé: «Euh… C’est un accord de long terme. C’est l’accord de long terme par excellence».
Mark Rutte a assuré, lui, sur Fox News que le sujet de la souveraineté du territoire autonome danois n’avait pas été abordé dans leurs discussions.
Le milliardaire de 79 ans avait déjà nettement calmé le jeu quelques heures auparavant en excluant pour la première fois d’utiliser «la force» pour mettre la main sur le Groenland.
«Je n’utiliserai pas la force», a-t-il déclaré lors d’un discours.
A Nuuk, les habitants ont surtout fait part à l’AFP d’un sentiment de défiance.
«Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit», a confié Anak, une aide-soignante de 64 ans.
«L’Otan n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous», a protesté pour sa part la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l’une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois.
«Et que l’Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c’est complètement dingue», a-t-elle ajouté.
Selon le dernier sondage en date publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis. Seuls 6% y sont favorables.











