Le Rassemblement national (RN) voit ces élections locales comme un premier jalon vers sa possible accession au pouvoir en 2027 après deux mandats consécutifs d’Emmanuel Macron dans un paysage politique fragmenté entre trois grands blocs — gauche, centre-droit et extrême droite — avec des divisions fortes au sein de la gauche et de la droite.
La cheffe de file du parti d’extrême droite Marine Le Pen, déjà trois fois candidate à la présidentielle, pourrait voir sa route barrée si sa peine d’inéligibilité pour détournement de fonds se confirmait. Cette hypothèse, encore suspendue aux procédures judiciaires en cours, ajoute une dimension particulière à ces municipales: elles permettent au RN de tester son implantation territoriale et de préparer une éventuelle alternative incarnée par d’autres figures du parti.
Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 locales (07H00 GMT) et fermeront au plus tard à 20H00 (19H00 GMT), heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
Le scrutin, dont le second tour se tiendra le 22 mars, vise à élire pour six ans les conseillers municipaux dans quelque 35.000 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.
Ces élections locales occupent une place particulière dans la vie politique française. Les maires restent en effet les responsables publics auxquels les citoyens accordent le plus de confiance. Leur rôle de proximité, au contact direct des habitants, leur confère une popularité souvent supérieure à celle des élus nationaux.
Si les Français restent attachés aux maires, plus populaires que les élus nationaux, la mobilisation pourrait néanmoins être pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient, qui domine largement l’actualité internationale et médiatique.
Lire aussi : France: ouverture du procès en appel du RN, Marine Le Pen joue son avenir présidentiel
Selon les sondages, 75% des électeurs voteront en fonction de la situation locale, dans ce scrutin moins polarisé qu’au niveau national, même si certaines priorités — lutte contre le narcotrafic, accès aux soins ou au logement, sécurité ou fiscalité locale — sont identiques à celles qui structurent le débat politique à l’échelle du pays.
Dans de nombreuses communes, les enjeux concernent avant tout la gestion quotidienne: urbanisme, transports, équipements publics, écoles ou encore transition écologique.
Le gouvernement a tout f
ait pour éviter une nationalisation du scrutin, avec des consignes de silence données aux ministres, sauf pour ceux qui sont candidats. L’exécutif redoute en effet qu’un mauvais résultat ne soit interprété comme un désaveu politique à un peu plus d’un an de la présidentielle.
Malgré cette volonté de maintenir un cadre strictement local, les états-majors des partis suivent de près les résultats, car ils permettront d’évaluer les rapports de force avant les grandes échéances nationales.
L’incertitude est cependant grande dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, où peu de maires sortants sont assurés d’être reconduits et où les alliances entre partis pourraient jouer un rôle déterminant entre les deux tours.
Bataille pour Paris
La bataille pour remporter la mairie de Paris, lorgnée par la droite conservatrice (Les Républicains, LR), qui croit aux chances de sa candidate, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati, pour ravir la capitale au Parti socialiste, au pouvoir depuis 25 ans, s’annonce intense.
La capitale constitue un symbole politique majeur. La gauche y dirige l’Hôtel de Ville depuis 2001, d’abord avec Bertrand Delanoë puis avec Anne Hidalgo. Une victoire de la droite représenterait donc un basculement important dans l’équilibre politique national.
L’extrême droite entend de son côté supplanter à certains endroits la droite traditionnelle ou faire tomber un cordon sanitaire et l’aspirer dans une alliance, là aussi en vue de 2027. Encore peu implanté localement, le RN veut profiter de sa dynamique nationale pour gagner des villes et accroître son réseau d’élus municipaux.
Il présentera un nombre record de listes, au moins 650 sur un total de quelque 35.000 communes. Si ce chiffre reste modeste à l’échelle du pays, il marque néanmoins une progression notable par rapport aux précédents scrutins municipaux.
Le joyau de la couronne serait Marseille, deuxième ville de France, où son candidat Franck Allisio est au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire Benoît Payan. Une victoire dans la cité phocéenne constituerait une percée politique majeure pour le parti d’extrême droite.
À Nice, sur la Côte d’Azur, des dizaines de milliers de bulletins de vote pour le premier tour des élections municipales ont été endommagés par la pluie samedi matin et une réimpression en urgence a été lancée, a annoncé la préfecture, en assurant que le vote se déroulera normalement dimanche.
Les premiers résultats devraient donner, dès la soirée, une indication précieuse sur l’état des forces politiques françaises à la veille d’une année 2027 qui s’annonce déjà décisive.












