Le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale contre Téhéran lorsque le Hezbollah pro-iranien a lancé une attaque sur Israël, qui depuis mène une vaste campagne de frappes aériennes.
La frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l’agence de presse officielle Ani. Un secouriste a affirmé avoir retiré avec ses camarades des victimes des décombres, mais aucun bilan officiel n’a pour l’heure été annoncé.
Un photographe de l’AFP a vu les septième et huitième étages de l’immeuble dévastés, et des voitures endommagées au bas de la bâtisse.
Samer Knio, un secouriste dont le centre se trouve dans le quartier, a été réveillé par une forte explosion, et dit s’être retrouvé couvert de débris et d’éclats de verre.
«Nous avons sauté dans une de nos voiture, bien qu’elle ait été endommagée, et nous avons commencer à retirer les corps des tués et les blessés, dont des enfants et des personnes âgées», a-t-il raconté à l’AFP.
L’immeuble touché se trouve à proximité du siège de la plus haute instance de la communauté musulmane sunnite, Dar al-Fatwa.
«Je venais de fermer mon café et j’étais monté à la maison», dit à l’AFP Fawzi Asmar, les soirées se prolongeant en ce mois du Ramadan.
«Il y a eu une première frappe, j’ai couru dire à ma femme et mes enfants qu’il fallait s’abriter derrière un mur, et la deuxième frappe a eu lieu».
Dimanche déjà, une frappe avait visé le coeur de Beyrouth, où les déplacés de la banlieue sud et du sud du pays ont afflué.
Un hôtel du front de mer avait été visé. L’Iran a accusé Israël d’avoir «assassiné» quatre de ses diplomates en poste au Liban lors de cette frappe. Israël a affirmé avoir viser des Gardiens de la révolution iranien, qui encadrent le Hezbollah.
Nouvel avertissement
Mecredi matin, l’armée israélienne a lancé un nouvel avertissement contre la banlieue sud, dont une grande partie des habitants ont fui.
Durant la nuit, ce bastion du Hezbollah avait été violemment pilonné, selon l’Ani. Les images de l’AFPTV montrent d’épaisses colonnes de fumée s’en élevant.
L’armée israélienne avait annoncé plus tôt une vague de frappes sur Beyrouth, disant cibler «des infrastructures du Hezbollah».
Près de 500 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, selon des chiffres officiels, et au moins 759.300 personnes ont été déplacées.
La représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing, a averti mardi à Genève que «le nombre de personnes déplacées continue d’augmenter».
«La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien (..)», a-t-elle expliqué.
Dans l’immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés.
«Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors», sur le front de mer, a raconté mardi à l’AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.
Près de la frontière avec Israël, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d’Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué. Elle a également revendiqué mercredi des tirs de missiles sur le territoire israélien.
Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d’évacuer une vaste zone du sud, s’étendant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
Les quelque 80 derniers habitants d’un village chrétien frontalier, Alma Al-Chaab, qui avaient résisté aux avertissements israéliens, ont été évacués mardi par les Casques bleus.








