Peu habitué aux tueries de ce type, contrairement au voisin américain, le Canada est sous le choc après cette attaque qui a également fait 25 blessés et s’est déroulée en grande partie au sein du collège-lycée de la ville, située dans la province de Colombie-Britannique.
«À l’invitation du maire de Tumbler Ridge, le Premier ministre se rendra dans la ville le (vendredi) 13 février pour assister à une veillée à la mémoire des victimes de la tragique fusillade», a indiqué à l’AFP son cabinet. Plusieurs chefs de partis canadiens seront aussi du voyage, notamment le leader de l’opposition, Pierre Poilievre.
Jeudi, la ville tournait au ralenti, avec de nombreux commerces fermés et une
présence policière très visible dans les rues, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place, alors qu’une journée de deuil a été décrétée dans l’ensemble de la province.
À proximité de l’école et de la cour de récréation, un petit bouquet de fleurs a été déposé au pied d’un arbre, ainsi que des peluches et une licorne rose.
De l’autre côté de l’établissement, les rubans jaunes de la police sont toujours en place autour des bâtiments et du terrain de volley-ball recouvert de neige. Dans les rues de la ville isolée, connue pour son tourisme de plein air et sa proximité avec les montagnes, la plupart des quelque 2.300 habitants évitent les journalistes qui ont afflué en masse depuis mardi.
Sur les réseaux sociaux, les familles des victimes ont multiplié les hommages. Abel Mwansa Jr était un garçon de 12 ans, souriant et fasciné par les expériences scientifiques, raconte son père Abel Mwansa sur Facebook, où il a posté plusieurs photos et vidéos de son enfant.
«Si j’avais le pouvoir de donner la vie, je t’aurais ramené, toi et les autres qui ont été tués avec toi, mais, mon fils, mon pouvoir est limité, et voir son enfant assassiné à cet âge est bouleversant. J’ai été anéanti quand je t’ai vu enfermé dans ce SAC NOIR, sans vie», ajoute-t-il.
«Nous nous sentons absolument anéantis», raconte sur Facebook Peter Schofield, grand-père d’Eziekiel Schofield, 13 ans, également tué mardi dans l’école.
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«Tout nous paraît tellement irréel», ajoute-t-il. «Les larmes ne cessent de couler. Tant de jeunes vies ont été fauchées si inutilement. Nos cœurs sont brisés non seulement pour Eziekiel, mais pour chaque famille touchée par cette tragédie.»
«Village sorti d’un conte»
Selon la police, la personne soupçonnée de l’attaque était une habitante de la localité âgée de 18 ans, dont les enquêteurs cherchent désormais à comprendre le profil et le mobile.
Cette jeune femme, Jesse Van Rootselaar, présentée par les autorités comme transgenre, a tué cinq enfants de 12 et 13 ans et une éducatrice de 39 ans dans l’établissement scolaire. Elle avait auparavant également abattu sa mère et son demi-frère dans une résidence.
Elle s’est donné la mort avant de pouvoir être appréhendée.
George Rowe, pasteur à Tumbler Ridge, a toujours du mal à réaliser que cela soit arrivé à ce «village tout droit sorti d’un conte». Il raconte à l’AFP qu’il faisait une promenade lorsque sa fille, qui vit ailleurs, l’a appelé pour lui apprendre qu’une alerte avait été déclenchée en raison de la présence d’un tireur.
Il s’est alors rendu immédiatement au centre communautaire, où il a trouvé «des parents et des frères et sœurs qui attendaient de savoir si leur enfant était vivant ou mort».
«Comment gérer ça?», s’interroge-t-il.
Les autorités affirment ne pas connaître le mobile pour l’instant. Elles assurent s’être plusieurs fois rendues au domicile de la suspecte par le passé pour des problèmes de santé mentale.
Dans l’ensemble de la province, des cérémonies officielles ont été annulées et une minute de silence a été observée à midi.











