Parti vendredi, JD Vance doit atterrir dans la matinée à Islamadad - devenu ville fantôme sous haute sécurité - pour mener la délégation américaine, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
À la tête d’une délégation de plus de 70 personnes, l’influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf est, quant à lui, arrivé vendredi soir au Pakistan.
Avant le début des discussions, dont le calendrier n’est pas connu, chaque camp a lancé ses mises en garde.
«Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance», a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, à son arrivée à Islamabad. Les négociations passées avec les États-Unis se sont toujours finies par «des échecs et des promesses brisées», a appuyé le responsable, cité par la télévision d’Etat iranienne.
De son côté, avant d’embarquer dans l’avion, JD Vance a averti l’Iran contre toute tentative de se «jouer» de Washington. «S’ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive», a-t-il déclaré.
Il a néanmoins assuré «essayer de mener des négociations positives». Tout comme le principal médiateur dans les discussions, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
«En réponse à mon invitation sincère, des dirigeants des deux pays viendront à Islamabad, où des négociations se tiendront pour instaurer la paix», a-t-il déclaré vendredi dans une allocution à la nation.
«Passe ou casse»
Mais il a prévenu qu’après le cessez-le-feu temporaire de deux semaines arraché dans la nuit de mardi à mercredi, «une étape encore plus difficile nous attend désormais: instaurer une trêve durable et résoudre des questions délicates par la voie diplomatique».
«C’est cette étape que l’on appelle en anglais ‘make or break’ (ça passe ou ça casse)», a-t-il ajouté.
En Iran, pays qui subit une coupure internet imposée par les autorités qui a désormais dépassé le record de durée de 1.000 heures, des habitants ont témoigné auprès de l’AFP de leurs doutes sur l’issue des négociations.
«On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien», résume un habitant de 30 ans, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Ayant multiplié les ultimatums, menaces et revirements depuis le début de la guerre le 28 février, le président américain a affirmé vendredi que l’Iran n’avait «aucune carte en main» pour négocier autre que le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime stratégique pour livrer le pétrole du Golfe dans le monde, verrouillé presque totalement par l’Iran en représailles, sera «bientôt ouvert», a affirmé Donald Trump.
«Ça va s’ouvrir automatiquement» car l’Iran «ne se fait pas d’argent sinon», a-t-il estimé. L’attention des marchés face à une telle perspective est néanmoins resté de mise, avec le prix du baril de pétrole repassant timidement en dessous des 100 dollars à la fermeture vendredi.
Pourparlers Liban-Israël
L’Iran affirme avoir posé deux préconditions aux négociations: «un cessez-le-feu au Liban» et «le déblocage des actifs de l’Iran», a insisté Mohammad Bagher Ghalibaf.
Two of the measures mutually agreed upon between the parties have yet to be implemented: a ceasefire in Lebanon and the release of Iran’s blocked assets prior to the commencement of negotiations.
— محمدباقر قالیباف | MB Ghalibaf (@mb_ghalibaf) April 10, 2026
These two matters must be fulfilled before negotiations begin.
Depuis la conclusion de la trêve, Téhéran et Washington s’opposent sur la question de l’inclusion du Liban dans un accord de paix. Israël est déterminé de son côté à et continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.
Mercredi, Israël a mené au Liban des frappes les plus meurtrières de ce conflit, avec 357 morts en une journée, notamment dans la capitale Beyrouth, selon le dernier bilan. L’allié des États-Unis a dit avoir tué 180 combattants du Hezbollah ce jour-là.
La zone frontale entre les deux pays demeure sous tensions. Tôt samedi matin, le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir lancé des attaques de drones et de roquettes sur des soldats israéliens stationnés dans le sud du Liban et sur des localités israéliennes près de la frontière.
Selon la présidence libanaise, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, le Premier ministre israélien ayant donné son feu vert à des «négociations directes».
Le Hezbollah a rejeté cette initiative, appelant à ne pas faire de «concessions gratuites» à Israël, tandis qu’Israël, par la voix de son ambassadeur aux États-Unis, a, lors de discussions préparatoires, «refusé de discuter d’un cessez-le-feu avec l’organisation terroriste Hezbollah».




