Iran: Trump évoque désormais un renversement du pouvoir

Le président américain Donald Trump salue les journalistes après sa descente d'Air Force One à l'aéroport international de Palm Beach, le 13 février 2026 à West Palm Beach, en Floride. Le président passe le week-end à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride. Nathan Howard/Getty Images/AFP (Photo de Nathan Howard / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AF). 2026 Getty Images

Donald Trump a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de dialogue difficile entre Washington et Téhéran sur les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Le 14/02/2026 à 07h01

Le président américain, qui oscille entre promesses d’une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l’envoi «très bientôt» d’un deuxième porte-avions américain dans la région.

«Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver», a dit le président américain à des journalistes qui l’interrogeaient sur l’éventualité d’un «changement de régime».

«Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps, nous avons perdu beaucoup de vies», a ajouté le dirigeant républicain en quittant la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d’Iran, a, quant à lui, appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l’étranger.

Le président américain avait brandi la menace d’une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire.

«Traumatisantes»

Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman, mais leur poursuite demeure incertaine tant les positions restent éloignées.

Washington, encouragé par Israël, veut également limiter le programme de missiles balistiques de l’Iran et mettre fin au soutien à des groupes armés dans la région.

L’Iran, de son côté, ne veut parler que du programme nucléaire et insiste pour conserver des capacités d’enrichissement d’uranium.

Faute d’accord, Donald Trump a menacé jeudi le pays de conséquences «traumatisantes», en rappelant le bombardement par les États-Unis de sites nucléaires iraniens lors d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

À l’époque, le président américain avait déjà évoqué en termes confus un possible changement du pouvoir en Iran, mais avait ensuite rejeté cette idée, jugeant que cela apporterait du «chaos».

Après l’envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d’escorte, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit donc les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Les cibles que Washington pourrait viser en cas d’intervention ne sont pas claires non plus.

Le secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a lui indiqué vendredi qu’un accord entre l’AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était «possible», mais «terriblement difficile».

Répression

L’Iran avait refusé en novembre que l’AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis et n’a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l’Iran.

Dans un message publié sur X, le fils exilé du dernier chah a exhorté en outre les Iraniens de l’intérieur à s’associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.

Selon le groupe basé aux États-Unis, Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, pour la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.

Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d’accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des «terroristes», à la solde, selon Téhéran, d’Israël et des États-Unis.

Par Le360 (avec AFP)
Le 14/02/2026 à 07h01