Selon le porte-parole de la Défense civile, Mahmud Bassal, quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées lorsqu’un drone israélien a frappé une tente abritant des déplacés dans le sud de la bande de Gaza. «La tente hébergeait des familles qui avaient fui les combats et cherchaient un refuge provisoire», a-t-il déclaré à l’AFP.
Dans le nord du territoire, une fillette de 11 ans a été tuée près du camp de réfugiés de Jabalia, tandis qu’une frappe visant une école a causé la mort d’une autre personne. Dans le sud, près de Khan Younès, un homme a été tué par un tir de drone, a ajouté M. Bassal. Deux autres Palestiniens, dont un enfant, ont également perdu la vie dans des attaques distinctes au cours de la journée, selon l’agence de presse opérant sous l’autorité du Hamas.
En soirée, la situation s’est encore aggravée. Une frappe aérienne israélienne a ciblé une maison située à l’est de la ville de Gaza, faisant quatre morts supplémentaires. Les équipes de secours ont immédiatement lancé des opérations de recherche pour retrouver plusieurs personnes portées disparues sous les décombres. «Le bilan des victimes s’élève désormais à 13 morts suite aux frappes israéliennes sur la bande de Gaza depuis ce matin, en violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu», a affirmé Mahmud Bassal.
Face à ces accusations, l’armée israélienne a indiqué vendredi matin, dans un communiqué, avoir «frappé avec précision des terroristes du Hamas et des infrastructures (…) dans le nord et dans le sud de la bande de Gaza». Selon l’état-major israélien, ces opérations constituaient une réponse directe au lancement d’un «projectile» depuis le territoire palestinien. «Le tir du projectile à partir de la bande de Gaza constitue une violation de l’accord de cessez-le-feu», a ajouté l’armée.
Le Hamas rejette cette version. Son porte-parole, Hazem Qassem, a déclaré à l’AFP que les frappes israéliennes «confirmaient le renoncement par l’occupation israélienne de son engagement envers le cessez-le-feu». Le mouvement islamiste affirme ne pas être à l’origine des tirs évoqués par Israël et accuse l’armée israélienne de mener des attaques délibérées contre des civils.
Entrée en vigueur le 10 octobre, la trêve entre Israël et le Hamas apparaît plus fragile que jamais. Les incidents armés sont quasi quotidiens, chaque camp accusant l’autre de violer les termes de l’accord. Dans ce contexte, la situation humanitaire dans la bande de Gaza reste extrêmement préoccupante. Des centaines de milliers de personnes déplacées vivent dans des conditions précaires, dépendant largement de l’aide internationale, tandis que les infrastructures médicales et humanitaires sont sévèrement endommagées.
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Les violences de jeudi s’inscrivent dans une série d’épisodes meurtriers survenus depuis la mise en place du cessez-le-feu. Le 22 novembre à lui seul, 21 personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas. Depuis cette date, un total de 425 Palestiniens auraient perdu la vie, d’après la même source. De son côté, l’armée israélienne fait état de la mort de trois de ses soldats depuis octobre.
Alors que les médiations internationales peinent à imposer une désescalade durable, ces nouvelles frappes renforcent le sentiment d’une trêve purement théorique, constamment fragilisée par des affrontements localisés, des représailles et une méfiance totale entre les belligérants. Dans l’enclave palestinienne, la population civile continue, elle, de payer le prix le plus lourd d’un cessez-le-feu qui semble chaque jour un peu plus illusoire.
Dans ce climat d’instabilité persistante, les perspectives politiques restent tout aussi incertaines. Les tentatives de médiation menées par des acteurs régionaux et internationaux se heurtent à l’absence de confiance minimale entre les parties, chacune privilégiant la démonstration de force à la concession. Sur le terrain, cette impasse se traduit par une normalisation de la violence: drones, frappes ciblées et tirs sporadiques rythment le quotidien, même en période de trêve proclamée. Pour les habitants de Gaza, l’horizon demeure bouché, partagé entre l’attente d’un hypothétique règlement politique et la crainte permanente d’une reprise à grande échelle des hostilités.








