Affaire Ali Anouzla : Le gouvernement persiste et signe

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Le Maroc assume ses "responsabilités en luttant contre les menaces terroristes", selon le porte-parole du gouvernement. C'est à la justice de trancher dans l'affaire du journaliste poursuivi pour incitation au terrorisme.

Le 03/10/2013 à 19h01

Où en est l'affaire Ali Anouzla ? "Ce dossier est entre les mains de la justice", a tenu à souligner Mustapha Al Khalfi jeudi au terme d'une réunion du conseil du gouvernement. Le Maroc assume ses "responsabilités en luttant contre les menaces terroristes" et les "pouvoirs publics n'ont pas le droit d'intervenir auprès de la justice car celle-ci est indépendante", a assuré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

En attendant la comparution du journaliste et directeur du site Lakome, fixée pour le 22 octobre devant un juge d’instruction auprès de la Chambre criminelle de la cour d’appel de Rabat, il y a lieu de préciser que son interrogatoire peut durer des jours, voire des semaines, avant que ce tribunal ne fixe la date du procès. Des sources proches du dossier indiquent par ailleurs que les trois avocats de Anouzla ont reçu "une partie des PV d’audition figurant dans le dossier".

Son moral est bon, sa santé aussi.

Contactée par Le360, la famille du journaliste a indiqué qu’elle lui rendait visite chaque semaine à la prison Zaki où il est en détention préventive. "Son moral est bon, sa santé aussi. Nous lui avons transmis les salutations des amis", soulignent ses proches. Pour rappel, Anouzla a été arrêté le 17 septembre puis placé en détention préventive sous l’accusation d'"incitation au terrorisme" suite à la diffusion sur son site du lien d’une vidéo attribuée à l'AQMI et appelant à commettre des actes terroristes contre le Maroc et ses institutions.

Le département d’Etat américain s'en mêle

Depuis son arrestation, des appels ont été lancés pour que Anouzla soit libéré et poursuivi dans le cadre du code de la presse. Certains, notamment sur les réseaux sociaux, souhaitent l’annulation pure des poursuites. Mercredi, le département d’Etat américain a souligné qu'il est préoccupé par la décision du gouvernement marocain de poursuivre Ali Anouzla. Les partis politiques marocains dans leur ensemble ont pour leur part dénoncé la diffusion sur Lakome de cette vidéo qui appele clairement à commettre des actes terroristes. Ali Anouzla a pour sa part reçu des soutiens émanant de certaines ONG nationales et internationales, ainsi que ceux des militants socialistes et islamistes marocains radicaux. Tout en précisant qu’il est opposé à toute publication faisant l’apologie du terrorisme, le Syndicat national de la presse marocaine a appelé que à ce que l'affaire Ali Anouzla soit traitée dans le cadre du code la presse.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 03/10/2013 à 19h01