Porté par une dynamique soutenue et des ambitions renouvelées, le secteur touristique marocain poursuit sa montée en puissance. Plusieurs programmes ont été lancés pour accompagner les opérateurs dans des domaines stratégiques, avec en ligne de mire deux défis majeurs: le renforcement de la connectivité aérienne et le développement de l’animation. «Deux leviers considérés comme déterminants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030», écrit le magazine Finances News Hebdo.
L’année 2025 marque un tournant historique. Le Royaume a enregistré 19,8 millions d’arrivées, soit une progression de 14% par rapport à l’année précédente. Les recettes ont, quant à elles, atteint 124 milliards de dirhams, en hausse de 19%. Des performances qui traduisent une trajectoire ascendante consolidée au fil des années et qui s’inscrivent dans la continuité des grandes stratégies engagées depuis le début des années 2000.
C’est sous le gouvernement dirigé par Driss Jettou qu’a été lancée, en 2001, la Vision 2010. L’objectif était alors clair: hisser le Maroc parmi les grandes destinations mondiales en franchissant le cap des 10 millions de visiteurs. Cette ambition s’appuyait notamment sur le Plan Azur, qui prévoyait la création de cinq stations balnéaires et l’augmentation de la capacité d’accueil à 600 000 lits, avec à la clé 70 000 emplois.
«En 2010, la Vision 2020, dévoilée à Marrakech, a prolongé cet élan en visant l’intégration du Maroc dans le top 20 des destinations touristiques mondiales», rappelle Finances News. Elle misait sur une approche plus régionalisée, valorisant la diversité naturelle, culturelle et géographique du pays. Si ces stratégies ont permis des avancées notables, elles ont également révélé certaines limites, notamment en matière de gouvernance, d’animation et de connectivité.
La stratégie actuelle se veut plus pragmatique. La Vision 2030 fixe un objectif de 26 millions de visiteurs, avec une feuille de route structurée autour d’axes opérationnels précis. Le gouvernement mise en priorité sur le renforcement de la desserte aérienne et l’amélioration de l’offre d’animation pour consolider l’attractivité du Royaume.
Sur le volet aérien, des accords ont été conclus avec plusieurs compagnies européennes à bas coût telles que Ryanair, TUI, EasyJet, Transavia, Air Europa, Iberia Express et Eurowings. L’objectif est de multiplier les liaisons directes avec les principaux marchés émetteurs et de favoriser un modèle de transport «point à point», reconnu pour son efficacité dans l’essor touristique de pays concurrents.
«Certains pays comme l’Espagne ou la Turquie ont réussi leur décollage touristique grâce au développement du transport aérien de type point à point», souligne l’expert en tourisme Zoubir Bouhoute, cité par Finances News. Un constat partagé par les pouvoirs publics, qui considèrent la connectivité comme un socle indispensable à toute ambition de croissance.
Présentant le budget de son département devant la Chambre des représentants, Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, a rappelé que le tourisme constitue un pilier stratégique du développement économique et territorial. Selon elle, «les résultats enregistrés sont le fruit de la feuille de route 2023-2026, élaborée en concertation avec les professionnels du secteur. Cette démarche repose sur le renforcement de la connectivité aérienne, l’augmentation des capacités d’hébergement et l’amélioration de la qualité des offres proposées». Pour la ministre, «la conjoncture actuelle est favorable à l’atteinte des objectifs fixés pour 2030».
Au-delà des infrastructures et du transport, l’animation apparaît comme un levier essentiel de différenciation. Pour répondre à la demande croissante d’expériences immersives et diversifiées, le ministère a lancé, en partenariat avec les opérateurs et l’agence Maroc PME, le programme Go Siyaha. Cette initiative vise à soutenir les entreprises touristiques dans la conception et la mise en œuvre de produits innovants d’animation.
Le dispositif prévoit une assistance technique couvrant la création d’activités et de services capables de répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante. En 2025, 1 500 projets ont bénéficié de cet accompagnement, et 1 700 autres sont programmés pour 2026. Le programme prend en charge 36% du coût total des projets dont l’investissement ne dépasse pas 10 millions de dirhams.
Par ailleurs, 60 experts sont mobilisés pour épauler les professionnels dans des domaines stratégiques tels que la durabilité, la promotion sur les marchés internationaux, la transformation numérique ou encore la structuration financière. Autant de chantiers jugés déterminants pour consolider la compétitivité du secteur.
Entre montée en puissance des arrivées, diversification de l’offre et modernisation des outils, le tourisme marocain semble engagé dans une nouvelle phase de maturité. Reste à transformer cette dynamique en croissance durable, capable de résister aux aléas internationaux et de créer davantage de valeur pour les territoires.







