La Cour des comptes a rendu public son rapport annuel couvrant la période 2024-2025, une publication officialisée dans le Bulletin officiel n° 7476 bis du 23 janvier 2026. Ce rapport fournit un panorama complet des activités menées par la Cour ainsi que par les Cours régionales des comptes, et reflète l’attention particulière accordée à la transparence, à la qualité et à la lisibilité de ses analyses, indique le magazine Finances News Hebdo.
Structuré en trois grandes parties, le rapport s’articule autour des missions traditionnelles des juridictions financières. La première partie se concentre sur les attributions en lien avec la reddition des comptes, en détaillant notamment le contrôle et le jugement des comptes, ainsi que la discipline budgétaire et financière. Durant la période examinée, les juridictions financières ont rendu 4 452 arrêts et jugements, dont 95% de décharges et 5% de mises en débet pour un montant total de près de 57,9 millions de dirhams. À cela s’ajoutent des remboursements préalables à la décision finale, évalués à plus de 16,4 millions de dirhams.
Sur le volet disciplinaire, 99 arrêts ont été prononcés, dont 72 assortis d’amendes représentant 4,14 millions de dirhams et des remboursements s’élevant à 1,15 million de dirhams. Le rapport souligne par ailleurs que certaines mesures correctives ont été prises spontanément par les organismes publics concernés, générant un impact financier positif estimé à 629,2 millions de dirhams, ainsi que des effets sociaux, environnementaux et organisationnels notables.
«Le suivi des déclarations obligatoires du patrimoine constitue également un volet majeur de cette première partie», lit-on dans Finances News. Sur 8 116 fonctionnaires et agents n’ayant pas respecté leurs obligations, 39% ont régularisé leur situation après l’intervention des autorités compétentes. La Cour a également publié une synthèse du contrôle des comptes annuels des partis politiques, relatif à l’exercice 2023, faisant état de la restitution de près de 36 millions de dirhams par 24 partis et d’un solde restant de 21,85 millions devant encore être restitué par 14 partis. Par ailleurs, le suivi de l’implémentation des recommandations émises par les juridictions financières révèle que 40% d’entre elles ont été intégralement mises en œuvre, 44% partiellement, tandis que 16% restent en attente, illustrant la nécessité d’un engagement renforcé des parties prenantes et d’une meilleure coordination institutionnelle.
La deuxième partie du rapport s’attache aux activités visant l’amélioration de la gestion publique. Les juridictions financières ont mené un suivi approfondi des grands chantiers de réforme dans les domaines de la protection sociale, de l’investissement, des énergies renouvelables, de la fiscalité et des établissements publics. Cette démarche, conduite depuis trois ans, a permis d’accélérer la mise en œuvre des projets et de mettre en évidence les risques susceptibles d’entraver les objectifs fixés, notamment en matière de gouvernance et de financement. Les missions d’évaluation des stratégies, programmes et projets publics ont porté sur la réduction des disparités territoriales et sociales, la sécurité routière, la formation professionnelle, la gestion de l’eau et la performance publique. «L’approche préconisée repose sur l’identification précise des besoins territoriaux et sur le travail collectif entre acteurs institutionnels, renforcé par l’utilisation optimale des expertises locales et un suivi rigoureux», écrit Finances News.
Le rapport détaille également les résultats de 176 missions de contrôle de gestion, dont 159 réalisées par les Cours régionales des comptes, couvrant des secteurs financiers, sociaux, culturels et productifs, ainsi que des services publics locaux. La Cour attire l’attention sur la nécessité de poursuivre l’innovation dans la mobilisation des financements publics et le développement des partenariats public-privé, tout en soulignant l’urgence d’accélérer la réforme du système de retraite pour garantir sa viabilité à long terme. Le déficit du régime des pensions civiles, estimé à 7,2 milliards de dirhams fin 2024, laisse craindre l’épuisement des réserves dès 2030 si aucune mesure corrective n’est prise.
Enfin, la troisième partie du rapport met en lumière les activités de support et de coopération internationale. La Cour y aborde la gestion des ressources humaines et financières, la transformation numérique, le développement des compétences, ainsi que les travaux du greffe. Elle détaille également ses engagements internationaux, bilatéraux et multilatéraux, destinés à renforcer l’efficacité et la portée de ses interventions. À travers ce rapport, la Cour des comptes réaffirme son rôle central dans le contrôle et l’amélioration de la gestion publique, tout en offrant une vision claire des défis et des perspectives pour une administration transparente, responsable et performante.







