«Lorsque nous parlons de partenariat d’exception renforcé, c’est déjà une réalité très concrète et les chiffres sont éloquents. Le Maroc est de loin notre premier partenaire économique en Afrique. Plus de 11.000 entreprises françaises exportent vers le Maroc, dont deux tiers de PME. Les échanges commerciaux ont doublé en dix ans entre la France et le Maroc et surtout ils sont équilibrés, un fait suffisamment rare pour le souligner. La France et le Maroc sont l’un pour l’autre des investisseurs importants. Ce partenariat d’exception, nous voulons qu’il aille encore plus vite, plus haut, plus fort, pour emprunter au lexique olympique». C’est ce que souligne d’emblée Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce extérieur, dans un entretien accordé au quotidien L’Economiste du 2 avril et ce à l’occasion de sa visite de travail au Maroc les 2 et 3 de ce mois.
Pour le ministre, cette accélération s’inscrit dans la volonté des chefs d’État de renforcer la coopération: «c’est l’impulsion qu’ont voulu donner nos chefs d’État, Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président de la République Emmanuel Macron, lors de la visite d’État du président à Rabat fin 2024. Car, face aux défis du monde d’aujourd’hui, le Maroc et la France ont d’autant plus besoin l’un de l’autre et ils peuvent capitaliser sur le succès conjoint de ces vingt-cinq dernières années».
Parmi les leviers concrets évoqués, Forissier insiste sur le développement des écosystèmes industriels et agricoles, la formation des talents et l’investissement dans les secteurs d’avenir. «Nous devons investir résolument dans les secteurs d’avenir, dans lesquels nous pouvons créer des champions ensemble, pour être plus forts ensemble face aux géants mondiaux. Enfin, et cela me tient particulièrement à cœur, nous allons élargir le jeu à davantage d’acteurs et en particulier nos PME, françaises et marocaines, qui sont la relève du partenariat économique d’exception entre nos deux pays», souligne le ministre.
Et d’ajouter. «nos grands groupes ont beaucoup contribué à forger ce partenariat d’exception tel que nous le connaissons aujourd’hui. Ils ont ouvert la voie à nos PME et ces dernières sont un levier puissant d’accélération et de renouvellement de la relation économique bilatérale. En venant au Maroc, j’adresse donc un message à nos PME, à nos entrepreneurs : inscrivez-vous dans cette dynamique franco-marocaine, où que vous soyez, de Lille à Dakhla, de Brest à Oujda!»
Interrogé par L’Economiste sur les secteurs à fort potentiel, le ministre précise que ces derniers sont très nombreux, à la hauteur de ce qu’est devenue l’économie marocaine et des nouveaux défis auxquels font face nos deux pays. «Je pense bien sûr à nos partenariats industriels, pour être plus forts dans la compétition mondiale. Je pense aussi à la transition énergétique et à la décarbonation. La crise internationale que nous vivons est là pour rappeler toute la pertinence d’un rapprochement franco-marocain dans le domaine de l’énergie et de la connectivité énergétique. C’est tout l’objet du partenariat stratégique dans l’énergie scellé par nos chefs d’État. Enfin, n’oublions pas la lutte contre le stress hydrique, qui frappe les deux rives de la Méditerranée, du Gharb au Roussillon», note le ministre.
Les annonces récentes impliquant Safran, Sanofi ou Airbus Helicopters illustrent, selon lui, un changement d’échelle et tout le mérite en revient d’abord aux autorités marocaines, qui ont une vision du développement industriel du Royaume et de sa souveraineté économique. Les autorités marocaines ont également une vision forte du positionnement du Maroc comme plateforme entre Afrique et Europe, entre Afrique et continent américain. Selon le ministre, cette vision s’incarne dans l’Initiative royale pour l’Atlantique. «La France s’inscrit dans ce cadre et elle encourage ses entreprises à prendre toute leur part dans les projets ambitieux du Royaume», ajoute Forissier.
Le ministre insiste sur l’aspect gagnant-gagnant. Il affirme qu’à travers les investissements de Safran, d’Airbus, ou encore Sanofi dans un autre domaine crucial qui est celui des vaccins, le Maroc vient de franchir un nouveau palier, non pas uniquement de son développement économique mais, au-delà, pour sa souveraineté. Aujourd’hui le Royaume n’est plus considéré comme un atelier ou un centre de services, mais comme un partenaire industriel et technologique à part entière.
«Ce succès est le résultat d’une rencontre providentielle entre d’une part une vision du développement du Royaume et d’autre part des entreprises françaises qui ont compris ce qui se passait ici. C’est aussi le fruit d’un partenariat économique d’exception : les protagonistes – entreprises et institutions – se connaissent, se font confiance, franchissent le pas et prennent des risques qu’ils n’auraient pas pris ailleurs qu’ici au Maroc», conclut Forissier.




