Les grandes entreprises appelées à adopter le reporting extra-financier

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Les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires dépassant 1 milliard de dirhams sont invitées à adopter un reporting extra-financier. Certaines entreprises marocaines s’y sont déjà engagées dans le cadre de leur politique de Responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Le 22/11/2015 à 16h25

Si le reporting financier donne une idée sur les principaux indicateurs financiers des entreprises et, donc, sur leur santé financière, aujourd’hui, avec l’engagement accru de la société civile et des entreprises en matière de responsabilité sociale et sociétale, de plus en plus d’initiatives encouragent les grandes entreprises à mettre en place des reporting extra-financiers. Et pour cause, le besoin d’informations dépasse aujourd’hui le seul cadre financier et intègre de plus en plus d’indicateurs sociaux : impacts environnementaux, conditions de travail, contribution au développement local, etc.

Et c’est l’enjeu fondamental du reporting extra-financier qui permet de mesurer et d’informer les parties prenantes de l’entreprise sur les impacts environnementaux et sociaux de ses activités à travers une batterie d’indicateurs: émission de CO2, consommation d’énergie, répartition homme-femmes des cadres dirigeants, investissements dédiés à la formation, nombre d’accident de travail...

Selon Dolores Laroque, président du Cabinet Materiality Reporting et community, leader en Afrique francophone, «en déterminant les enjeux environnementaux, sociétaux et de gouvernance les plus pertinents, les entreprises disposent d’une feuille de route pour scruter et monitorer les risques stratégiques et opérationnels que l’entreprise encourt tout au long de leurs cycles de vie».

6.000 organisations dans 90 pays

Afin d’intégrer davantage ce concept au niveau des entreprises marocaines, le cabinet Leader-reporting, en partenariat avec Materiality-reporting, a organisé une conférence à Casablanca, avec la participation du GRI –Global reporting initiative-, sur la thématique de «Reporting extra-financier et la quatrième génération des lignes directives du rapport sur la durabilité (GRI-G4) en Afrique francophone».

Selon les organisateurs, «l’objectif de cette conférence est de sensibiliser le tissu productif des pays d’Afrique francophone, et notamment du Maroc, sur l’apport méthodologique de la version G4 du GRI qui permet aux entreprises de faire valoir leur contribution en matière d’impacts économiques, sociaux, environnementaux et de gouvernance».

Il faut noter que de par le monde, l’idée de soumettre les entreprises à une obligation de reporting extra-financier progresse dans de nombreux pays. Aujourd’hui, plus de 6.000 organisations implantées dans plus de 90 pays suivent les lignes directrices du GRI.

Une recommandation

Au Maroc, quelques grandes entreprises ont intégré ce nouveau concept de reporting extra-financier. Les expériences de Lydec, Managem et BMCE Bank of Africa ont ainsi pu être mises en exerce lors de cette rencontre. Toutefois, les entreprises marocaines recourant au reporting extra-financier ne sont pas légion. Et afin d’y pousser davantage d’entreprises, l’une des propositions les plus emblématiques de la conférence sur le GRI-G4 a concerné la mise en place d’un cadre réglementaire invitant les entreprises marocaines réalisant plus d’un milliard de chiffre d’affaires à adopter un reporting extra-financier. C’est dire l’intérêt de faire évoluer le cadre réglementaire et législatif pour encourager ce type de reporting. De même, il est essentiel de mettre en place un organisme à même d’évaluer la pertinence et la sincérité des informations rapportées par les entreprises dans le cadre de ces reporting.

Enfin, il faut souligner que le GRI a désigné le Maroc en tant que Community leader dans la région de l’Afrique francophone avec l’objectif de contribuer à faire rayonner ce standard au niveau des organisations des pays de cette région.

Par Moussa Diop
Le 22/11/2015 à 16h25