Les autorités à l’épreuve décisive du troisième cycle d’évaluation du GAFI-MENA

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, au pupitre de la Chambre des conseillers (Y.Mannan/Le360)

Revue de presseLes autorités ont enclenché une mobilisation générale en prévision de la troisième évaluation du dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, prévue à partir de novembre 2026. Réformes législatives, coordination institutionnelle renforcée et alignement sur les nouvelles normes internationales constituent les piliers de cette préparation, perçue comme un enjeu stratégique pour la crédibilité financière du Royaume. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 04/01/2026 à 19h36

Les différentes administrations et institutions financières sont actuellement en état de mobilisation maximale en prévision de la mission d’évaluation que mènera le Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFI-MENA), dans le cadre du troisième cycle d’évaluation mutuelle du dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Cette échéance est perçue comme stratégique par les autorités, tant pour la crédibilité du pays sur la scène financière internationale que pour la consolidation des réformes engagées ces dernières années, indique le quotidien Assabah de ce lundi 5 janvier.

D’après le quotidien, l’Autorité nationale du renseignement financier a lancé un plan d’action anticipatif et global visant à préparer de manière rigoureuse cette troisième évaluation, à laquelle le Maroc sera soumis à partir de novembre 2026. Ce plan repose sur une coordination étroite entre les différents départements ministériels, les autorités de régulation, les institutions judiciaires et les acteurs financiers concernés.

L’Autorité met en avant les mesures entreprises pour renforcer le cadre juridique national, notamment à travers l’élaboration de plusieurs projets de loi en concertation avec les secteurs concernés. Parmi les textes phares figure un projet de réforme globale de la loi n° 43.05 relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux, ainsi qu’un projet de loi encadrant les actifs numériques et les cryptoactifs, un domaine devenu central dans les nouvelles normes internationales.

Cette dynamique s’est matérialisée par la visite, fin novembre dernier, d’une délégation de haut niveau du GAFI-MENA au Maroc. La délégation a été reçue par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, en présence de plusieurs ministres ainsi que des responsables et dirigeants des institutions nationales concernées. Cette visite a marqué le lancement officiel de la troisième évaluation mutuelle du dispositif marocain, un processus qui s’étendra jusqu’en mai 2028, date prévue pour la discussion et l’adoption du rapport final, a-t-on pu lire dans Assabah.

Lors de cette rencontre, le gouvernement a réaffirmé son engagement politique ferme en faveur du respect des standards internationaux édictés par le Groupe d’action financière. Les autorités ont également souligné l’efficacité du dispositif national, la qualité de la coordination inter-institutionnelle, ainsi que les efforts législatifs, réglementaires et institutionnels consentis au cours des dernières années pour renforcer la lutte contre les crimes financiers.

En tant que membre fondateur du GAFI pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le Maroc est soumis, conformément aux règles de l’organisation, aux évaluations mutuelles périodiques de son système national. À ce titre, le secrétariat du groupe est régulièrement informé des avancées réalisées par les autorités marocaines, tant en matière de conformité technique aux recommandations internationales que d’amélioration de l’efficacité opérationnelle du dispositif.

L’évaluation à venir portera sur l’ensemble du système national de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Elle sera menée sur la base des procédures propres au troisième cycle d’évaluation, en s’appuyant sur les quarante recommandations du GAFI, leurs notes interprétatives ainsi que sur la méthodologie d’évaluation actualisée. Il est à noter que ces recommandations ont fait l’objet de révisions substantielles ces dernières années, avec la modification de plus de onze recommandations, de plusieurs notes explicatives et de la terminologie de référence, afin de refléter les nouvelles orientations stratégiques du GAFI.

Les autorités marocaines accordent une importance particulière à cette étape, considérée comme décisive pour la consolidation des acquis et le renforcement durable du dispositif national, a souligné Assabah. La préparation de cette évaluation implique une adaptation constante aux évolutions des normes internationales, ainsi qu’une attention accrue aux aspects sur lesquels l’accent sera mis, notamment l’efficacité réelle des mécanismes de prévention, de détection et de répression des infractions financières.

Cette vigilance s’inscrit dans la continuité des efforts ayant permis au Maroc de sortir de la liste grise du GAFI en février 2023, à l’issue de la réunion plénière tenue à Paris. Cette décision faisait suite à la mise en œuvre du plan d’action adopté en février 2021 et à une série de réformes ayant renforcé l’arsenal juridique et institutionnel du pays. La deuxième évaluation, basée sur les standards révisés de 2012, avait déjà mis en évidence des avancées significatives, tant sur le plan de la conformité technique que sur celui de l’efficacité globale du dispositif, reflétant l’engagement du Maroc dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, aux niveaux national et international.

Par La Rédaction
Le 04/01/2026 à 19h36