Le Maroc, pilier stratégique des minéraux critiques à l’échelle mondiale

Lors de la réunion ministérielle sur les minéraux critiques, au siège du Département d’Etat américain, le 4 février 2026.

Revue de presseAvec ses vastes réserves de phosphates, de cobalt et de terres rares, le Maroc s’impose comme un acteur incontournable des chaînes d’approvisionnement mondiales. Lors d’une réunion internationale à Washington, le Royaume a confirmé son ambition: ne plus se contenter d’exporter ses ressources, mais investir dans leur transformation industrielle afin de devenir un partenaire fiable et stratégique des grandes puissances. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 08/02/2026 à 19h03

Le Maroc s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable sur le marché mondial des minéraux critiques et des terres rares, une position qui attire l’attention des grandes puissances économiques. C’est ce qu’a souligné Marco Rubio, secrétaire d’État américain, mercredi 4 février à Washington, lors d’une réunion ministérielle consacrée aux métaux stratégiques. «Selon lui, le Royaume n’est plus seulement un fournisseur traditionnel de ressources naturelles, mais devient un pilier de la sécurité et de la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du lundi 9 février.

Le sous-sol marocain est exceptionnellement riche: phosphates, cobalt de haute pureté, cuivre, manganèse, zinc, plomb, argent et terres rares figurent parmi les ressources les plus prisées par les industries de pointe et la transition énergétique. Avec plus de 70% des réserves mondiales de phosphates et des gisements de cobalt réputés propres pour leur traçabilité éthique, le pays s’impose comme un fournisseur fiable pour des géants de l’automobile et de la technologie tels que Tesla, BMW ou Renault.

Cette réunion a rassemblé plus d’une cinquantaine de pays, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Inde et l’Australie. L’objectif était d’échanger sur des solutions visant à sécuriser et à diversifier les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Le Maroc y était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui a insisté sur l’importance de valoriser les ressources locales tout en renforçant la transformation industrielle. «La volonté du Royaume est de ne pas se limiter à l’exportation de matières premières, mais de développer un écosystème industriel capable de produire des biens à forte valeur ajoutée, du phosphate pour engrais aux composants pour batteries LFP», écrit L’Economiste.

Le rôle stratégique du Maroc ne se limite pas à sa richesse minière. La stabilité politique, les infrastructures modernes et la volonté d’investir massivement dans la transformation locale font du Royaume un partenaire privilégié des États-Unis et d’autres nations industrialisées. Selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), «cette position devrait être consolidée par une feuille de route claire pour la valorisation des minerais stratégiques. Sans plan précis, le pays risque de rester prisonnier de l’exportation brute, exposé aux fluctuations des prix et aux ruptures d’approvisionnement». Le CESE recommande notamment la création d’une banque de projets industriels et d’une structure de coordination entre le secteur minier et les activités industrielles afin d’optimiser les synergies et la valeur ajoutée.

Par ailleurs, le potentiel marocain en terres rares reste encore largement sous-exploité. Des indices prometteurs dans le Haut Atlas et les provinces du Sud montrent des teneurs supérieures à 6%, un chiffre qui pourrait propulser le Maroc parmi les rares producteurs mondiaux capables de répondre à la demande croissante des technologies vertes, des batteries électriques aux éoliennes et panneaux solaires.

Face à la concurrence internationale et à la dépendance croissante des grandes économies à ces ressources stratégiques, le Maroc est aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre exploitation traditionnelle et transformation industrielle, le choix qu’il fera dans les prochaines années déterminera non seulement son rôle sur le marché minier mondial, mais aussi son influence dans le futur énergétique et technologique de la planète.

Par La Rédaction
Le 08/02/2026 à 19h03