La reconstitution du cheptel national met le marché de l’Aïd Al-Adha sur de bons rails

Photo d'illustration.

Le cheptel national se reconstitue progressivement (Photo d'illustration). . DR

Revue de presseÀ quelques mois de l’Aïd Al-Adha, le cheptel national se reconstitue progressivement, laissant entrevoir une offre capable de répondre à la demande et de stabiliser les prix des viandes rouges. Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association ovine et caprine, rassure. Cet entretien est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 10/03/2026 à 20h31

La reconstitution du cheptel national progresse de manière encourageante, annoncent les acteurs du secteur. À quelques mois de l’Aïd Al-Adha, l’offre de bétail devrait largement couvrir la demande, laissant entrevoir une tendance à la baisse des prix. Dans un entretien accordé à Finances News Hebdo, Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association ovine et caprine (ANOC), se veut rassurant.

«La reconstitution se passe très bien. Le dernier recensement de l’Intérieur indique que 32 millions de têtes ont été identifiées contre 25 millions au début de l’opération en décembre dernier. Avec les pluies abondantes et l’amélioration des parcours naturels, il est fort probable que ce nombre augmente dans les mois à venir», explique Mejdoubi. Il nuance toutefois cette progression: «il faut bien préciser que 60% seulement du territoire national ont bénéficié des intempéries. Ce n’est pas le cas pour les 40% restants, qui concernent l’Oriental, le Sud au-delà de Oued Souss et les plaines de Draâ et Tafilelt».

L’agnelage de l’automne s’est déroulé dans de bonnes conditions grâce à la disponibilité des pâturages. «Celui du printemps s’annonce lui aussi sous de bons auspices. Actuellement, les éleveurs préparent la période de lutte pour la reproduction. On s’attend également à une nette amélioration de la fécondité, étant donné la disponibilité de l’alimentation en quantité suffisante et de qualité», précise Mejdoubi.

Pour autant, le président de l’ANOC souligne les difficultés liées au coût de l’alimentation. «L’aliment de bétail coûte encore très cher. Les éleveurs ne peuvent pas se contenter des parcours naturels pour préparer leurs troupeaux, surtout pour l’Aïd Al-Adha. Les pâturages profitent essentiellement aux ovins femelles et nouveau-nés, puisqu’ils seront bien allaités. L’engraissement nécessite des produits particuliers comme l’orge, le son, le maïs et les produits composés. Ces produits s’affichent actuellement à des niveaux jamais atteints auparavant, malgré la subvention», souligne Mejdoubi. Il ajoute que le prix des bottes de paille reste également un poste important dans le cycle de production. Pour ce dernier, il ne faut pas s’attendre à une baisse des prix avant l’Aïd Al-Adha. En général, la situation devrait s’améliorer avec les récoltes. La campagne agricole de cette année s’annonce meilleure et va profiter amplement à tout le secteur, particulièrement aux activités de l’élevage. «On assistera alors à un apaisement des prix tant de l’aliment de bétail que des bêtes vives et, par conséquent, des viandes rouges», note le président de l’ANOC

La campagne de vaccination se déroule pour sa part conformément au programme prévu puisque selon Majdoubi, l’État assure tous les engagements qu’il s’est fixés, surtout pour les maladies contagieuses. Le Maroc est cité en exemple dans ce domaine par la FAO. «On utilise les meilleurs médicaments et les bonnes pratiques. Les éleveurs, notamment ceux issus de l’ANOC, procèdent à leurs propres opérations de vaccination deux fois par an», ajoute-t-il.

À trois mois de l’Aïd Al-Adha, Mejdoubi se montre optimiste: «je pense que la reconstitution du cheptel est sur de bons rails. D’ici l’Aïd Al-Adha, l’offre couvrira largement la demande et le marché est en voie de retrouver son équilibre».

Il rappelle cependant que les prix élevés des viandes rouges ne sont pas imputables aux éleveurs. «La chaîne de valeur est perturbée au niveau de la distribution. Les éleveurs ne sont pas à l’origine de la hausse des prix. Il faut plutôt regarder du côté des bouchers et des chevillards. Certes, le coût de production est élevé, mais il ne justifie pas le prix domestique des viandes rouges. On produit en moyenne à un coût de 70 DH/kg, alors que le prix de vente oscille entre 100 et 140 DH/kg. Cela prouve qu’il existe une marge bénéficiaire excessive chez les bouchers et les chevillards», précise Finances News. Selon le président de l’ANOC, ces derniers, ainsi que les marchands d’aliment de bétail, ont été les principaux bénéficiaires de l’annulation de l’Aïd Al-Adha l’année dernière, au détriment des éleveurs. «C’est à ce niveau qu’il faut travailler pour mettre à niveau la filière», conclut Mejdoubi.

Par La Rédaction
Le 10/03/2026 à 20h31