La Cour des comptes épingle la gestion des programmes de réhabilitation urbaine

Zineb El Adaoui, présidente de la Cour des comptes.. MAP

Revue de presseDes audits récents révèlent des anomalies et détournements dans la mise en œuvre de centaines de projets urbains financés par l’État. Certaines initiatives, mobilisant des milliards de dirhams, sont retardées, inachevées ou détournées. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 06/01/2026 à 18h41

Les magistrats des Cours régionales des comptes, sur instructions de la présidente Zineb El Adaoui ont procédé à un contrôle approfondi des projets inscrits dans le cadre des programmes de réhabilitation urbaine des villes et centres urbains émergents. Cette inspection a notamment porté sur des projets financés par des prêts du Fonds d’équipement communal, rattaché au ministère de l’Intérieur. L’opération intervient après que des rapports de contrôle ont révélé des manipulations financières de la part de certains présidents de communes et le retard ou l’arrêt de nombreux projets mobilisant des budgets conséquents issus de fonds publics, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce mercredi 7 janvier.

La Cour des comptes a reçu plusieurs plaintes signalant des anomalies et des détournements dans la gestion de projets urbains. Ces programmes, bénéficiant de financements de plusieurs milliards de dirhams, suscitent de fortes suspicions de gaspillage des deniers publics. Certaines initiatives n’ont même jamais été réalisées. L’inspection générale de l’administration territoriale, en coordination avec la Direction générale des collectivités territoriales, a également audité ces projets afin d’identifier les irrégularités constatées dans plusieurs villes, a-t-on lu dans Al Akhbar. Les enquêtes ont mis en lumière des retards dans des projets majeurs financés par l’État et des manipulations par certains élus, consistant à attribuer des marchés à des bureaux d’études sans réalisation concrète sur le terrain. Dans plusieurs cas, ces programmes de réhabilitation sont devenus un moyen d’enrichissement personnel pour certains présidents de communes, comme le confirment les rapports des commissions d’audit et d’inspection de la Cour des comptes.

Les rapports produits par la Cour des comptes qualifient de «sombre» la gestion des programmes de réhabilitation par certaines collectivités territoriales, souligne Al Akhbar. Des violations graves de la gestion territoriale ont été constatées, justifiant l’envoi de commissions d’enquête. Ces inspections ont porté sur plusieurs domaines, notamment les marchés publics liés à la réhabilitation urbaine. Les audits ont relevé, entre autres, l’exclusion de concurrents, des prestations non conformes, l’absence de sanctions envers les entreprises défaillantes et malfaçons dans les travaux réceptionnés. Des anomalies ont également été notées dans l’émission de bons de commande, attribués à des entreprises spécifiques, parfois validés avant l’exécution effective des travaux.

En coopération avec différents acteurs du développement local, les collectivités territoriales ont mis en place des programmes pluriannuels de réhabilitation urbaine, impliquant villes, centres urbains et ruraux, rappelle Al Akhbar. Ces initiatives visent à renforcer l’attractivité des villes, améliorer le cadre de vie et dépasser les approches fragmentaires en intégrant les dimensions spatiales, économiques et sociales dans une planification globale. Environ 350 programmes de réhabilitation urbaine ont été lancés, pour un budget total avoisinant 80 milliards de dirhams, dont 30 milliards financés par la Direction générale des collectivités locales. Plusieurs accords de partenariat ont été signés entre collectivités, institutions publiques et ministères, couvrant des projets de voirie, d’éclairage public, d’espaces verts, d’infrastructures culturelles, sportives et économiques.

Le Fonds d’équipement communal accorde des prêts annuels de près de 2 milliards de dirhams, cumulant plus de 60 milliards sur 65 ans, pour financer plus de 6.000 projets de développement local. Le rôle du fonds dépasse le financement. Il fournit un soutien technique, suit l’exécution des projets, évalue les résultats et accompagne les collectivités dans la mise en œuvre de leurs plans de développement. Ses interventions couvrent des infrastructures essentielles (routes, électricité, assainissement), mais aussi les équipements sociaux, sportifs, touristiques et commerciaux, la réhabilitation urbaine et la création de zones industrielles. Le Fonds constitue ainsi un levier stratégique pour le développement local, facilitant l’accès au crédit et renforçant la capacité des collectivités à réaliser leurs projets.

Par La Rédaction
Le 06/01/2026 à 18h41