La centrale hydroélectrique Allal El Fassi se transforme en station de stockage d’énergie

Un barrage hydroélectrique.. DR

Revue de presse La centrale Allal El Fassi, l’un des piliers du parc hydroélectrique marocain, va être reconvertie en station de transfert d’énergie par pompage (STEP). L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) lance des études pour transformer l’ouvrage en une «batterie hydraulique» capable de stocker l’excédent d’énergies renouvelables et de le restituer aux heures de pointe, renforçant ainsi la sécurité et la flexibilité du réseau électrique national. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 09/04/2026 à 18h43

À une cinquantaine de kilomètres de Fès, la centrale hydroélectrique Allal El Fassi, mise en service en 1994, s’apprête à connaître une transformation majeure. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a annoncé le lancement d’études détaillées pour reconvertir l’installation en station de transfert d’énergie par pompage (STEP). Cette évolution a pour objectif de rendre la centrale indépendante du barrage principal Allal El Fassi et de renforcer la flexibilité du réseau électrique national, en permettant de stocker l’excédent d’énergies renouvelables pour le restituer aux heures de pointe, indique le quotidien Les Inspirations Éco.

La centrale Allal El Fassi, avec ses trois groupes d’une puissance totale de 246 MW, produit chaque année environ 270 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique d’une ville de la taille de Fès. Son fonctionnement repose sur un schéma hydraulique précis: les eaux du barrage sont acheminées sur 15 km par une galerie souterraine jusqu’à un bassin de modulation, avant d’être «turbées», selon le jargon technique employé, et restituées dans la retenue du barrage Idriss 1ᵉʳ. La reconversion en STEP vise à inverser ce mécanisme. L’eau sera pompée depuis la retenue d’Idriss 1ᵉʳ vers le bassin supérieur pendant les périodes de faible demande et turbinée lors des pics de consommation, transformant la centrale en une sorte de batterie hydraulique capable de réguler l’alimentation en énergie.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique, qui vise à porter à 52% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Le solaire et l’éolien, sujets à une production intermittente selon les conditions climatiques, nécessitent des solutions de stockage à grande échelle pour sécuriser le réseau. Les STEP représentent aujourd’hui la technologie la plus mature pour répondre à cette problématique, permettant de lisser la production et d’assurer une disponibilité continue de l’électricité. Le projet Allal El Fassi viendrait compléter l’unique STEP existante au Maroc, celle d’Afourer dans la région de Béni Mellal, d’une capacité de 464 MW et mise en service en 2004, a-t-on pu lire dans Les Inspirations Éco.

Les études commanditées par l’ONEE sont estimées à 22,8 millions de dirhams TTC. Elles couvriront la faisabilité technique et économique, les analyses environnementales et sociales, ainsi que l’établissement des spécifications pour l’appel d’offres de réalisation. Des levés topographiques et bathymétriques, des reconnaissances géologiques et géotechniques, des analyses hydrologiques et des modélisations seront réalisés afin de définir la solution optimale. Un volet formation est également prévu pour le personnel de l’ONEE, afin de les familiariser avec la reconversion de centrales classiques en STEP et avec les nouvelles technologies de suivi et maintenance.

La reconversion de la centrale Allal El Fassi intervient alors que ses équipements approchent de trente ans de fonctionnement. L’ONEE entend profiter de cette transformation pour prolonger la durée de vie de l’infrastructure tout en lui confiant une mission stratégique dans l’intégration des énergies renouvelables. Le chantier présentera néanmoins des défis techniques importants, notamment la construction de nouvelles galeries, l’installation de pompes ou de turbines réversibles, l’adaptation du bassin de modulation et la modification des systèmes de restitution d’eau. Les études devront également prendre en compte les impacts environnementaux et les effets du changement climatique, tels que la baisse des débits et les périodes de sécheresse, a-t-on encore pu lire.

Le coût total des travaux n’est pas encore connu, mais il pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dirhams. L’ONEE prévoit de lancer l’appel d’offres dès la finalisation des études, dans un délai global estimé à 14,5 mois, hors phase d’assistance à la passation. Cette reconversion marque un tournant pour le parc hydroélectrique marocain, en intégrant des outils de stockage d’énergie essentiels pour soutenir la transition vers un réseau électrique plus durable et résilient.

Par La Rédaction
Le 09/04/2026 à 18h43