L’année 2025 aura marqué un tournant pour le secteur des télécommunications au Maroc avec l’introduction commerciale de la 5G, lancée en novembre et déjà en phase d’extension rapide. «Selon les données publiées par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, environ 38% de la population était couverte par ce nouveau réseau à la fin de l’année», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 17 mars. En l’espace de quelques semaines, la technologie a déjà séduit plus de 2,63 millions d’utilisateurs, un démarrage qui illustre l’appétence croissante du marché pour des services mobiles à très haut débit.
Cette arrivée de la 5G commence d’ailleurs à se refléter dans l’évolution des autres technologies mobiles. Le parc d’utilisateurs 4G a enregistré un recul d’environ 610.000 clients sur un an pour s’établir à 33,74 millions à fin décembre 2025, une contraction largement attribuée aux premières migrations vers la nouvelle génération de réseau.
Dans le même temps, l’Internet mobile poursuit sa progression globale. Le nombre d’abonnements a atteint 38,52 millions, en hausse annuelle de 2,89%, confirmant la place centrale du mobile dans l’accès à Internet au Maroc. Au total, le parc Internet national a franchi la barre des 41,46 millions de souscriptions à la fin de l’année 2025. Cela représente une progression de 3,09% par rapport à l’année précédente, soit plus de 1,24 million d’abonnements supplémentaires. Le taux de pénétration de l’Internet s’élève désormais à 112,59 %, un niveau qui confirme la généralisation de l’accès au réseau dans la population.
L’évolution des usages confirme également la transformation numérique en cours. La consommation moyenne mensuelle d’Internet, tous accès confondus, a atteint 46 gigaoctets par abonné à la fin de 2025. Il s’agit d’une hausse de 21,1% en un an. Sur le mobile, la consommation moyenne de données s’établit désormais à 14 gigaoctets par utilisateur, contre 12 gigaoctets en 2024. Sur le fixe, la progression est encore plus marquée : l’usage moyen mensuel a atteint 465 gigaoctets par client, contre 385 gigaoctets un an auparavant.
Sur le segment de l’Internet fixe, la fibre optique poursuit son expansion rapide. Le parc FTTH dépasse désormais 1,4 million d’abonnés, enregistrant une croissance annuelle de 32,87%. Plus de 61% de ces connexions bénéficient d’un débit supérieur à 50 Mb/s, ce qui témoigne de l’amélioration progressive de la qualité des infrastructures et des performances offertes aux utilisateurs.
L’ADSL reste néanmoins une composante importante de l’accès fixe à Internet. «Le parc compte encore 1,44 million d’abonnements à la fin de 2025. Près de 95% de ces lignes proposent des débits supérieurs à 12 Mb/s, tandis que les lignes dégroupées représentent un peu plus de la moitié du parc global, soit environ 51,2%», écrit L’Economiste.
Sur le marché de la téléphonie mobile, le nombre total de cartes SIM actives a atteint 59,16 millions à la fin de l’année 2025, selon les données de l’Observatoire des télécoms. Le parc a progressé de 1,5% sur un an, soit plus de 877.000 abonnements supplémentaires par rapport à 2024. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile atteint ainsi 160,65%, confirmant la multi-détention de cartes SIM par une partie importante des utilisateurs.
Cette performance doit toutefois être nuancée par la structure du marché. Le prépayé reste largement dominant avec 50,9 millions de souscriptions, tandis que le segment postpayé, souvent considéré comme un indicateur plus stable de la valeur du marché, ne représente que 8,26 millions d’abonnés.
Dans le même temps, les usages traditionnels de la téléphonie poursuivent leur recul. Le trafic sortant global a atteint 40,9 milliards de minutes en 2025, soit une baisse de 12,55% par rapport à l’année précédente. Le temps moyen de communication s’est établi à 58 minutes par abonné et par mois, enregistrant un recul annuel de 15,1%. Dans le détail, l’usage moyen mensuel des clients prépayés est tombé à 26 minutes contre 33 minutes en 2024. Les abonnés postpayés ont également réduit leur volume de communications, passant d’une moyenne de 305 minutes mensuelles à 261 minutes en 2025.
La messagerie SMS continue elle aussi de perdre du terrain face aux applications de messagerie instantanée. Le nombre de messages envoyés a chuté de 16,46% sur un an pour s’établir à 1,54 milliard d’unités en 2025, une baisse largement attribuée à la généralisation d’applications telles que WhatsApp.
Parallèlement, la mobilité des consommateurs sur le marché s’intensifie. La portabilité des numéros mobiles a enregistré une progression notable l’an dernier. À la fin de 2025, plus de 1,61 million de numéros avaient été portés d’un opérateur à un autre, soit une hausse de 9,5% par rapport à l’année précédente.
L’écosystème numérique national poursuit également sa structuration à travers le développement des ressources Internet. En 2025, plus de 38.500 nouveaux noms de domaine en «.ma» ont été enregistrés, contre près de 34.000 en 2024. Le parc total approche désormais les 134.000 noms de domaine, ce qui correspond à une croissance annuelle d’environ 8%.
Sur le plan des infrastructures numériques, le Maroc confirme sa position importante dans l’allocation des adresses IP sur le continent. Le Royaume détient 11% des plages d’adresses IPv4 attribuées dans la région Afrique et Océan Indien. À la fin de 2025, le pays comptait 12,27 millions d’adresses IPv4 allouées par Afrinic, ce qui en fait le troisième plus grand utilisateur d’adresses IPv4 en Afrique. Le taux d’utilisation atteint 96,4%, signe d’une forte pression sur ces ressources devenues rares.
Concernant la transition vers le protocole IPv6, l’ANRT indique que 81% des adresses allouées au Maroc ont déjà été effectivement attribuées à la fin de l’année. Par ailleurs, trois nouvelles plages d’adresses IPv4 ont été attribuées au pays par Afrinic en 2025, portant à 1.792 le nombre total des nouvelles adresses obtenues au cours de l’année.







