À la faveur des importantes précipitations enregistrées dans le bassin du Sebou, le barrage Al Wahda s’impose au sommet de la scène hydrique nationale après avoir réceptionné des apports exceptionnels dépassant les 4 milliards de mètres cubes.
Ce volume a permis de stocker plus de 2,3 milliards de mètres cubes d’eau, le tout géré selon un protocole technique rigoureux visant à concilier l’exploitation de cette ressource et la sécurité absolue de l’infrastructure ainsi que celle des zones limitrophes.
Érigé en 1997 dans le cadre de la politique visionnaire de feu Hassan II, ce projet dit «du siècle» a nécessité un investissement total de plus de 7,25 milliards de dirhams. Il demeure à ce jour le plus grand barrage du Royaume et le troisième à l’échelle africaine. Sa retenue affiche une capacité de 3,8 milliards de mètres cubes et s’étend sur près de 12.300 hectares.
Le bassin versant situé en amont couvre une superficie d’environ 6.200 km² et génère des apports annuels estimés à près de 3,3 milliards de mètres cubes, consolidant sa place stratégique au sein du réseau hydraulique national.
La structure elle-même s’étire sur 2,6 kilomètres de long pour une hauteur dépassant les 88 mètres. Elle est composée de trois sections principales: une digue principale de 1,6 km, une digue secondaire de 1 km et un ouvrage en béton. Ce dernier abrite des installations de décharge sophistiquées, notamment un évacuateur de crues à six vannes capable de débiter 16.000 mètres cubes et une vidange de fond de 1.800 mètres cubes par seconde. S’y ajoutent une prise d’eau pour l’usine hydroélectrique d’un débit de 450 mètres cubes par seconde et des prises d’eau potable réparties sur trois niveaux afin d’optimiser la qualité de l’eau extraite en fonction de chaque palier.
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Pour Noureddine Serghini, chef du service communication et partenariat à l’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou (ABHS), «cette capacité hydrologique fait du barrage Al Wahda une infrastructure vitale au niveau du bassin».
Dans une déclaration à notre média, il précise que le barrage représente «un pilier fondamental de la politique de l’eau au Maroc». Outre sa fonction de protection des plaines contre les inondations, il souligne que l’ouvrage «contribue à l’irrigation de plus de 114.000 hectares dans la zone du Gharb et à la production d’énergie hydroélectrique, tout en garantissant l’approvisionnement des populations en eau potable», favorisant ainsi un développement socio-économique durable.
En parfaite cohérence avec les orientations royales, le barrage joue désormais un rôle central dans le projet de «l’Autoroute de l’eau». Ce système de transfert inter-bassins permet d’acheminer annuellement 400 millions de mètres cubes. Depuis son lancement en août 2023, environ un milliard de mètres cubes a été transféré du Sebou vers le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah. Cette opération sécurise les besoins de 12 millions d’habitants sur l’axe Rabat-Casablanca tout en soulageant le barrage d’Al Massira.
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S’agissant de la situation hydrologique récente, la gestion de ces volumes massifs repose sur une surveillance technique de chaque instant. Pour Mustapha Tantawi, responsable du barrage Al Wahda, les indicateurs de la saison sont hors normes: «Les précipitations cumulées sur trois mois ont atteint près de 800 mm, dépassant la moyenne annuelle estimée à 600 mm».
Les débits entrants ont parfois franchi les 5.400 m³ par seconde. Le débit maximal de lâcher enregistré a atteint 2.200 m³ par seconde avant d’être progressivement réduit de plus de 50%, pour se stabiliser autour de 1.000 m³ par seconde.
Dès que le taux de remplissage a dépassé 90%, des opérations de déversement ont été engagées afin de maintenir des marges de sécurité et d’anticiper les apports supplémentaires. À ce jour, le stock dépasse 3,3 milliards de mètres cubes, soit environ 94% de la capacité totale. Les opérations de régulation se poursuivent conformément aux protocoles techniques établis, avec un suivi permanent des paramètres hydrologiques et structurels de l’ouvrage.






















