Images exclusives: le projet de transfert d’eau dessalée de Safi vers Marrakech entre dans sa phase finale

Les travaux des stations de transfert d’eau de mer dessalée entre Safi et Marrakech avancent à grand pas. (K.Essalak/Le360)

Le 09/02/2026 à 11h42

VidéoMalgré l’amélioration des réserves hydriques des barrages du Maroc cette année, les effets cumulés de plusieurs années de sécheresse ont imposé le recours à des solutions structurelles et durables pour garantir la sécurité hydrique. C’est dans ce contexte que s’inscrit le mégaprojet de transfert d’eau dessalée depuis la station de Safi vers Marrakech. Ce chantier stratégique de 185 kilomètres, au budget de 4,2 milliards de dirhams, est désormais dans sa phase finale.

Les années successives de sécheresse ont imposé une réflexion sur des solutions à long terme capables de garantir la sécurité hydrique des différentes régions du pays.

Outre les projets d’autoroutes reliant les bassins hydrauliques, le Maroc mise désormais sur de véritables «autoroutes de l’eau», destinées à connecter les grandes villes aux stations de dessalement de l’eau de mer, notamment dans les zones ayant connu un déficit hydrique aigu, à l’image du bassin de l’Oum Er-Rbia, qui approvisionne en eau potable et d’irrigation des régions stratégiques telles que Casablanca et Marrakech.

L’un de ces projets structurants relie Marrakech à la station de dessalement d’eau de mer de Safi. Il s’agit d’un chantier d’envergure nationale visant à garantir un approvisionnement sûr et durable en eau potable à la région de Marrakech.

Supervisé par des compétences marocaines, ce projet national s’étend sur une distance d’environ 185 kilomètres. Il comprend trois grandes stations de pompage reliées entre elles par des conduites en acier spécialement conçues pour assurer un transfert sécurisé et durable de l’eau, quelles que soient les conditions. Ces stations permettent d’acheminer l’eau dessalée provenant de la station de Safi vers un réservoir principal d’une capacité de 10.000 mètres cubes, situé à environ 18 kilomètres du centre-ville de Marrakech.

«Les récentes précipitations, malgré leurs effets négatifs dans certaines régions du nord du pays, sont survenues après six à sept années de sécheresse sévère ayant fortement affecté les ressources en eau destinées à l’alimentation en eau potable et à l’irrigation, en particulier dans le bassin de l’Oum Er-Rbia, qui approvisionne plusieurs grandes villes, dont Marrakech», précise dans ce contexte Mohamed Meziani, directeur régional de la Société régionale multiservices Marrakech-Safi et du projet de transfert de l’eau dessalée de Safi vers le Grand Marrakech.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des hautes instructions royales, qui insistent sur la nécessité de garantir l’accès à l’eau potable à l’ensemble des citoyens, en s’appuyant sur des solutions durables, au premier rang desquelles figure le dessalement de l’eau de mer. Il a bénéficié d’une enveloppe budgétaire d’environ 4,2 milliards de dirhams, entièrement financée par l’État. L’ensemble des intervenants, qu’il s’agisse des bureaux d’études ou des entreprises chargées de l’exécution, sont de nationalité marocaine, pécise le responsable.

Les travaux avancent à un rythme soutenu, avec un taux de réalisation dépassant les 85 %, en perspective d’une livraison début mars prochain. La mise en service effective est prévue pour le mois d’avril.

À terme, le projet devrait atteindre un débit global de 80 millions de mètres cubes par an, déployé en deux phases: une première phase à partir du mois d’avril avec un débit de 40 millions de mètres cubes, suivie d’une montée en charge équivalente dès le mois de juin.

Sur le plan de la réalisation, «d’importants jalons ont été franchis, avec 180 kilomètres de conduites déjà posées sur un total de 185 kilomètres, les tronçons restants devant être achevés dans les prochains jours». Les trois stations de pompage affichent également un taux d’avancement supérieur à 85 %, en prévision du lancement des essais techniques début mars.

De son côté, Ahmed El Jamai, directeur des travaux de l’entreprise en charge de la réalisation de la deuxième station de pompage, a indiqué que celle-ci est entrée dans sa phase finale, les dernières finitions étant actuellement en cours. «La station assurera le pompage de l’eau en provenance de la première station à l’aide de cinq pompes hydrauliques, avec un débit estimé à 3,2 mètres cubes par seconde, en direction de la troisième station. Cette dernière se chargera ensuite d’acheminer l’eau vers le réservoir principal en vue de sa distribution à Marrakech», affirme t-il.

Par Fatima El Karzabi et Khalil Essalak
Le 09/02/2026 à 11h42