Ces dernières années, Taourirt a engagé une mutation structurelle de la filière de l’huile d’olive. Cette évolution concerne à la fois les techniques de production et la montée en gamme du produit. Le passage progressif des méthodes traditionnelles vers des procédés modernes a permis d’améliorer la qualité de l’huile tout en renforçant les capacités de production et la valeur économique de la filière.
Cette dynamique est portée notamment par la trituration moderne de la coopérative Ahlaf huile d’olive, qui constitue un levier important du développement oléicole local. Regroupant six coopératives et près de 300 membres, la structure joue un rôle stratégique dans l’organisation de la chaîne de valeur de l’huile d’olive à Taourirt, en contribuant à la structuration de l’offre et à la création de valeur ajoutée au niveau régional.
Selon Rahal Chalkout, responsable du groupe, « la coopérative a commencé son activité fin octobre et poursuit encore aujourd’hui son travail. Cette année, la production nationale a été exceptionnelle, ce qui a mis sous pression la capacité des unités disponibles dans la région. Malgré cela, nous travaillons avec nos clients dans les meilleures conditions et nous concentrons sur la production d’une huile d’olive de qualité, notamment de l’huile extra vierge».
La coopérative a fait le choix stratégique d’orienter son activité vers la qualité du produit et la durabilité environnementale. L’unité de trituration est dotée d’équipements modernes à faible impact environnemental et affiche une capacité de traitement de 60 tonnes par jour. Dans cette optique, des infrastructures spécifiques ont été mises en place pour la gestion des résidus solides et des eaux de lavage, permettant de limiter les rejets polluants et de renforcer la conformité environnementale de l’activité, explique notre interlocuteur.
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La coopérative dispose de l’ensemble des autorisations réglementaires requises, délivrées par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, lui permettant d’assurer la commercialisation de ses huiles aussi bien sur le marché local qu’au niveau national.
Par ailleurs, des normes strictes de stockage et de contrôle ont été mises en place afin de préserver la qualité du produit. Les huiles sont stockées dans des cuves en acier inoxydable, pour une capacité globale de 305 tonnes, garantissant la conservation optimale de leurs caractéristiques physico-chimiques.
Le dispositif est complété par un laboratoire interne assurant un suivi continu de la qualité avant la mise sur le marché. L’étiquetage systématique de chaque bouteille, précisant clairement la catégorie d’huile, contribue à renforcer la traçabilité, la transparence et la confiance des consommateurs.
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Cette attention à la qualité porte ses fruits. «Nous avons participé à la cinquième édition du concours régional à Essaouira et avons remporté la médaille d’or pour la meilleure huile d’olive extra vierge. Cela reflète notre engagement à produire des huiles de haute qualité», ajoute Rahal Chalkout.
Taourirt en pleine récolte: un volume national en hausse
Sur le plan de la production, la campagne actuelle de l’huile d’olive affiche un volume national estimé entre 250.000 et 350.000 tonnes. À l’échelle locale, l’unité Ahlaf a déjà assuré la transformation d’environ 2.000 tonnes d’olives, avec une activité appelée à se poursuivre encore durant un mois, soutenant ainsi la dynamique de production régionale.
S’agissant des prix, le marché connaît une phase de normalisation après des pics ayant dépassé les 100 dirhams le litre. Actuellement, l’huile d’olive extra vierge se négocie entre 45 et 55 dirhams le litre, un niveau jugé plus accessible et favorable au pouvoir d’achat des consommateurs.
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Malgré ces performances encourageantes, la filière reste confrontée à plusieurs contraintes structurelles, au premier rang desquelles figure la pénurie de main-d’œuvre, aussi bien au niveau de la récolte que de l’exploitation des unités de transformation. Dans ce contexte, le recours accru à la mécanisation s’impose comme un levier essentiel pour assurer la continuité et la stabilité de la production.
Actuellement, l’unité fonctionne avec une équipe de 16 travailleurs organisés en rotation, assurant une activité continue de jour comme de nuit. Les rémunérations journalières varient entre 200 et 350 dirhams selon le niveau de qualification, tandis que les opérations de récolte sont payées entre 40 et 60 dirhams par caisse, reflétant les réalités du marché du travail agricole local.
Lors des pics d’activité, la coopérative a dû fonctionner en continu, 24 heures sur 24 pendant près de deux mois, avec un volume quotidien traité compris entre 70 et 80 tonnes d’olives, dépassant ainsi sa capacité nominale fixée à 60 tonnes par jour.








