Diana Holding accélère sa transformation

Rita Zniber, la ravissante épouse de Si Brahim et PDG de Diana Holding.

Rita Maria Zniber,PDG de Diana Holding. . Brahim Taougar Le360

Revue de presseLe groupe agro-industriel marocain engage une refonte de sa gouvernance et de son modèle stratégique. Sa PDG, Rita Maria Zniber, détaille les leviers mobilisés pour réduire la dépendance climatique, structurer la croissance et répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire au Maroc et en Afrique. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 30/03/2026 à 20h05

Diana Holding poursuit une transformation en profondeur, centrée notamment sur sa gouvernance. Le groupe agro-industriel marocain, qui emploie 7.000 personnes, cherche à réinstaurer des équilibres durables entre actionnariat, conseil et exécutif, tout en consolidant ses processus internes. «L’intégration de nouveaux administrateurs indépendants et le renforcement de la traçabilité des décisions s’inscrivent dans une volonté affirmée de garantir la continuité des activités indépendamment des configurations managériales», indique le magazine Jeune Afrique.

Dans un entretien accordé au magazine panafricain, sa PDG, Rita Maria Zniber, explique que cette évolution correspond à «une logique de retour à un modèle de gouvernance historiquement éprouvé», fragilisé par une période de transition marquée à la fois par des départs à la retraite au sein de l’équipe dirigeante et par les effets de la pandémie. Elle souligne que «le travail engagé porte principalement sur la clarification des processus décisionnels, le renforcement de leur traçabilité et de leur collégialité», avec pour objectif un alignement constant sur l’intérêt du groupe. Dans cette dynamique, elle insiste également sur la nécessité de formaliser davantage les principes de gestion afin «d’en garantir la continuité indépendamment des configurations managériales».

Au-delà de la gouvernance, Diana Holding fait face à un enjeu structurel majeur : réduire sa dépendance aux aléas climatiques. Si le retour des pluies constitue «un facteur favorable», Zniber relativise son impact en rappelant que «l’enjeu stratégique est précisément de réduire structurellement la dépendance à ce type de variables exogènes». Le groupe mise ainsi sur la diversification de ses filières, le renforcement de son intégration industrielle et une orientation accrue vers les marchés internationaux. Dans un environnement incertain, elle insiste sur l’importance de «maintenir une discipline stratégique constante et une cohérence dans les choix», estimant que cette constance conditionne la résilience sur le long terme.

Pour 2026, la dirigeante anticipe une phase charnière pour l’agro-industrie marocaine et africaine. Selon elle, l’année sera marquée par «une reprise sélective des investissements » ainsi que par «une pression accrue sur la ressource hydrique et une montée en puissance des exigences de compétitivité, de traçabilité et de durabilité». Dans ce contexte, le Maroc est appelé à jouer un rôle central grâce à ses infrastructures et à son positionnement logistique. Elle estime que les secteurs concernés entreront dans «une phase de recomposition stratégique», nécessitant des investissements simultanés dans l’eau, l’énergie, la transformation locale et la logistique.

À l’échelle continentale, la question de la souveraineté alimentaire s’impose comme un défi majeur. Zniber appelle à «l’élaboration globale et africaine d’une vision géostratégique à l’horizon 2035», insistant sur la nécessité d’une transformation profonde des systèmes agricoles et agro-industriels. Elle juge indispensable d’intégrer «la durabilité environnementale, l’autonomie productive et la résilience économique» face à des pressions croissantes. Parmi les priorités, elle cite notamment «une gestion rationnelle et efficiente des ressources en eau, le recours accru aux énergies renouvelables et le développement des capacités locales de transformation».

Les infrastructures apparaissent comme un levier déterminant dans cette dynamique. Zniber souligne que «la logistique, les infrastructures portuaires et les corridors commerciaux deviennent des leviers décisifs de souveraineté alimentaire». Elle met en avant le rôle structurant des grands ports marocains, véritables points d’ancrage dans la reconfiguration des chaînes de valeur africaines, permettant de sécuriser les flux et de renforcer la compétitivité des exportations. Selon elle, l’Afrique dispose de tous les atouts nécessaires pour réussir cette transition, mais le véritable défi réside dans «la capacité collective des acteurs publics et privés à structurer, investir et exécuter avec rigueur, vision et cohérence de long terme».

Par La Rédaction
Le 30/03/2026 à 20h05