Comment la CNT entend accompagner l’essor du tourisme

Souk de la Médina de Fès

Revue de presseDigitalisation des paiements, renforcement des capacités d’accueil, montée en gamme et formation des ressources humaines… Pour Hamid Bentaher, président de la Confédération nationale du tourisme, la priorité est de consolider les acquis et d’investir pour maintenir une croissance durable dans les années à venir. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 02/03/2026 à 20h32

Alors que le Maroc enregistre des performances historiques en matière d’arrivées touristiques, la question de la capacité d’accueil, de la formation et de la diversification de l’offre devient centrale. Dans un entretien accordé au magazine Finances News Hebdo, Hamid Bentaher, président de la Confédération nationale du tourisme, explique que l’enjeu est désormais de consolider cette dynamique en modernisant les outils du secteur et en adaptant les capacités aux nouvelles attentes des voyageurs.

La récente convention signée entre la CNT, le ministère du Tourisme et les banques s’inscrit dans cette logique. Selon Bentaher, «c’est une initiative qui vise à faciliter les moyens de paiement et assurer une large diffusion de la digitalisation». L’objectif est clair: accompagner les professionnels vers des solutions plus adaptées à une clientèle de plus en plus connectée. «Les touristes et les nouvelles générations représentent une population très connectée. Il est donc nécessaire que le paiement soit effectué par téléphone et de dépasser l’utilisation des TPE et des cartes à puce», explique-t-il. À terme, le secteur ambitionne de permettre au visiteur de régler l’ensemble de ses dépenses de manière digitale, de son arrivée au Maroc jusqu’à son départ.

Cette transformation doit toutefois tenir compte de l’hétérogénéité du tissu professionnel, lit-on dans Finances News. «Les opérateurs de l’activité sont divisés en deux catégories», précise Bentaher, évoquant d’un côté les grands professionnels déjà intégrés aux plateformes internationales comme Booking.com et Tripadvisor, et de l’autre un écosystème de petites structures, y compris les transporteurs individuels. Des solutions différenciées seront donc proposées, avec des concertations prévues avec les fédérations et associations afin d’aboutir à une formule adaptée à chaque métier.

Si la demande touristique atteint des niveaux records, la question de la capacité d’accueil se pose avec acuité. Dans des destinations majeures comme Marrakech et Agadir, la saturation est déjà perceptible. «Pour Marrakech et Agadir, les destinations phares du Royaume, la capacité d’accueil est arrivée à saturation. Il faut de nouveaux investissements pour l’augmenter», alerte Bentaher. Il rappelle qu’au-delà d’un taux d’occupation de 75%, une partie de la clientèle se reporte vers d’autres pays concurrents, souvent méditerranéens, faute de disponibilité. À l’inverse, dans les villes où les taux restent faibles, l’enjeu réside dans le renforcement des connexions aériennes et l’optimisation des capacités existantes.

Sur la question des recettes, comparées notamment à celles de l’Égypte, Bentaher réfute toute contre-performance. «C’est une information erronée», affirme-t-il, soulignant que le modèle égyptien repose davantage sur des séjours longs en clubs, alors qu’au Maroc, l’ouverture aérienne a favorisé des séjours plus courts. «Le nombre de touristes a augmenté de 14% et les recettes de 20%. Cette orientation nous permet de créer plus d’emplois et de contribuer davantage à l’économie nationale», fait-il valoir, insistant sur un positionnement axé sur la qualité.

Le défi des ressources humaines demeure néanmoins structurant. «Effectivement, il y a un problème de ressources humaines, mais il est plutôt lié à leur formation», reconnaît Bentaher, qui évoque un programme élaboré avec les professionnels et les établissements spécialisés afin d’accroître le nombre de profils qualifiés et de renforcer la formation continue.

Pour 2026, le président de la CNT se montre confiant. «Le tourisme, c’est un peu comme l’agriculture: on récolte ce qu’on a semé», résume-t-il. Selon lui, la poursuite des investissements dans le transport aérien, la formation et l’animation constitue la clé pour maintenir une croissance à deux chiffres.

Il appelle également à diversifier les marchés émetteurs et à mieux valoriser des destinations encore sous-exploitées comme Saïdia, Lixus, Al Hoceïma, Tamuda Bay, Drâa-Tafilalet, Fès et Meknès, dont les taux d’occupation restent inférieurs à 70%. «La demande pour le Maroc est toujours présente. Au niveau de l’offre, il faut diversifier les segments», conclut-il, convaincu que tous les ingrédients sont réunis pour assurer le décollage durable du secteur.

Par La Rédaction
Le 02/03/2026 à 20h32