Catastrophes naturelles et cyberrisques: l’OCDE appelle le Maroc à repenser sa protection financière

L'OCDE. DR

Revue de presseAlors que les inondations récentes à Ksar El-Kébir et Sidi Kacem et la montée des cyberattaques mettent en lumière la vulnérabilité du pays face aux catastrophes, un rapport de l’OCDE plaide pour une refonte du système de protection financière. L’organisation recommande de distinguer les risques fréquents des catastrophes rares afin de mieux répartir les responsabilités entre assureurs et pouvoirs publics et renforcer la résilience économique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 16/03/2026 à 19h49

Les inondations qui ont frappé plusieurs régions du Maroc au début de l’année 2026, notamment à Ksar El-Kébir et Sidi Kacem, ainsi que la multiplication des cyberattaques relancent le débat sur la protection financière face aux catastrophes. «Dans un rapport consacré à la protection financière contre les risques majeurs, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) propose un cadre pour repenser les mécanismes de couverture des risques, en distinguant les aléas fréquents des catastrophes rares mais dévastatrices», écrit le quotidien Les Inspirations Eco du 17mars.

Ces derniers mois ont illustré la diversité des menaces auxquelles le pays est confronté. Les inondations de février 2026 ont entraîné l’évacuation d’environ 140.000 personnes dans les régions de Sidi Kacem et Ksar El-Kébir, après des crues soudaines déjà observées à Safi en décembre 2025. Sur le plan numérique, plus de 20 millions de tentatives de cyberattaques ont été recensées au premier semestre 2025. À cela s’ajoute le séisme d’Al Haouz en 2023, qui a fait près de 3.000 morts et détruit environ 50.000 habitations.

Selon l’OCDE, ces événements mettent en évidence les limites des dispositifs actuels de protection financière. La couverture assurantielle des pertes liées aux inondations reste inférieure à 30% au Maroc, alors qu’elle dépasse 50% dans une grande partie des pays de l’OCDE. Cette faible couverture renforce la dépendance aux aides publiques après les catastrophes, un mécanisme jugé fragile pour les finances publiques.

Le risque d’inondation apparaît particulièrement préoccupant dans un contexte de changement climatique et d’évolution des régimes de précipitations. L’intensification des épisodes pluvieux augmente la probabilité de crues rapides, d’autant que certaines zones urbanisées restent exposées. Parallèlement, l’essor de l’économie numérique accroît l’exposition des entreprises marocaines aux cybermenaces, en particulier les PME, souvent moins préparées face aux ransomwares et aux attaques ciblant les objets connectés.

Face à ces vulnérabilités, l’OCDE recommande d’adapter les réponses selon la fréquence des risques. Pour les aléas récurrents comme les inondations ou les cyberattaques, l’organisation préconise le développement de mécanismes public-privé afin de mieux mutualiser les pertes. La création d’un dispositif de réassurance publique pour les zones inondables, associé à une tarification reflétant le niveau réel d’exposition, pourrait favoriser une couverture plus large. «Dans le domaine numérique, des dispositifs de cybersécurité mutualisés et des mécanismes de co-garantie publique pourraient faciliter l’accès des PME à l’assurance», souligne Les Inspirations Eco.

Pour les catastrophes rares mais majeures, comme les séismes, l’OCDE estime que les dispositifs publics d’indemnisation restent les plus appropriés. Le séisme d’Al Haouz illustre la difficulté pour les marchés d’assurance privés de couvrir seuls des risques peu fréquents mais aux conséquences économiques très élevées.

Le rapport souligne toutefois que l’assurance ne peut être efficace sans politiques de prévention. Une tarification fondée sur le niveau réel de risque peut encourager les ménages et les entreprises à investir dans des mesures de protection, à condition que ces efforts soient accompagnés de réductions de primes pour les assurés qui mettent en place des solutions de prévention.

Dans un contexte marqué par la montée des risques climatiques et numériques, l’OCDE estime que le Maroc devra renforcer la coordination entre l’État, les assureurs et les acteurs économiques afin de construire un système de protection financière plus résilient et moins dépendant des interventions d’urgence après catastrophe.

Par La Rédaction
Le 16/03/2026 à 19h49